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Yves Marion, un chanteur enraciné

Biographie

Yves Marion est né le 7 mars 1952 à Saint-Côme. La chanson et la musique traditionnelles sont omni présentes dans sa famille. L’ensemble des quatre générations de la famille Marion chantent pour le plaisir de partager une pratique rassembleuse. En plus d’être un chanteur au répertoire inépuisable, Yves joue du violon et de la mandoline. Il pratique le métier de bûcheron avec son père et ses frères jusqu’en 1990, et manie des abatteuses jusqu’à sa retraite en 2018.

Apprentissage et transmission

Yves Marion est imprégné de chanson et de musique dès sa naissance. Ses parents chantent et son père joue du violon et de la guitare. Le temps des Fêtes est la période où Yves entend ses premières chansons traditionnelles. Les jours de l’An, chez ses grands-parents paternels, sont un feu roulant de chansons. Les adultes chantent des chansons à répondre une après l’autre, tandis que les enfants regardent la fête du haut des escaliers. Yves apprend, par imitation, en écoutant les membres de sa famille et ses amis lors de veillées. Il retient facilement l’histoire et la mélodie des chansons. Yves bonifie par ailleurs son répertoire grâce à la diffusion de chansons et de musique traditionnelles endisquées.

Yves se souvient qu’il chantait à l’école primaire sur l’heure du midi, avec ses amis Jacques Ricard et Gaston Lepage, les chansons apprises à l’école. La première chanson interprétée par Yves en public est « Si vous avez les jambes en l’air ». Il l’avait entendu une fois dans le temps des Fêtes par son frère Réjean. Yves est au séminaire lorsqu’il chante cette chanson, vers l’âge de 12 ans, dans l’autobus en revenant de jouer au hockey. Les élèves lui ont demandé de la rechanter sur scène pendant un festival à l’école.

La transmission de son répertoire est importante pour lui. Il souhaite que ça se continue. La chanson lui a procuré beaucoup de plaisir. Il croit que les autres peuvent en avoir autant que lui à chanter. Si quelqu’un lui demande une chanson, ça lui fait plaisir de lui donner. « On en a appris parce [qu’il] y en a d’autres qui nous les en ont donnés. » Plusieurs personnes ont appris de ses chansons grâce aux albums réalisés avec le groupe Légende. Dans la sphère familiale, la transmission s’est effectuée par imprégnation, notamment auprès de ses fils Yannick et Mathieu.

Contexte de pratique

Yves Marion chantonne tout le temps. Il chante en travaillant, en auto, dans la maison, etc. Sa femme adopte même son habitude de chanter en faisant ses tâches ménagères.

Le temps des Fêtes est un moment propice aux rassemblements et, bien sûr, pour chanter. La fête du jour de l’An de la famille Marion est le clou de l’année. Ce rassemblement dure plus de 24 h. Une sieste de deux heures lui permet de se revigorer et de poursuivre la fête. Durant l’année, les fêtes de naissance d’enfants, les baptêmes et les fêtes d’amis sont des opportunités pour chanter. Pour lui, toutes les occasions sont bonnes.

Les veillées aux chantiers étaient destinées davantage à la musique qu’à la chanson. Par contre, Yves chantait les soirs d’été à la pêche, surtout quand ça mordait. Il parlait aux poissons en chantant.

Yves Marion se fait connaître du public grâce à la formation Légende qu’il fonde en 1990 avec des amis et des cousins. Au début, les gars chantaient toute la nuit pour le plaisir. Ensuite, des engagements professionnels aux deux semaines se sont manifestés. Yves quitte le groupe vers 1995. Il vit d’autres expériences professionnelles avec, notamment, Les joyeux lurons de Saint-Donat et La famille Gariépy de Sainte-Béatrix. Engagé dans sa communauté, Yves participe à de nombreuses soirées westerns des Chevaliers de Colomb de Saint-Côme.

Pour lui, la chanson est un mode de vie. Il joue même des tours avec la chanson. Une fois, un de ses cousins avait une chanson d’écrite dans sa poche et ne la connaissait pas par cœur. « On s’était dit : qui vienne pour la sortir, on en part une. Ça fait qu’on a été de même toute la veillée [rire] ».

Yves sait pourquoi il chante. La chanson lui permet d’oublier les tracas du quotidien et de vivre le moment présent. « Quand tu chantes, tout va. » Il se sert de sa voix pour transmettre et donner le goût de chanter.

La société, dans laquelle nous vivons, exige d’aller plus vite et d’être plus performant. Celle-ci a un impact sur la pratique de la chanson traditionnelle. Yves rapporte qu’auparavant, le temps lui permettait de faire toute sorte de chose et de repasser ses vieilles chansons avant la période des Fêtes. « Le temps est toujours là. C’est parce qu’on le prend pas peut-être. »

Répertoire

Yves Marion possède un riche répertoire, composé principalement de chansons à répondre. Yves est attiré par leur rythme. Il est aussi charmé par des chansons plus dramatiques comme Le commandement de guerre, une de ses chansons préférées, transmise par son père. La chanson traite du départ d’un soldat pour la guerre (séparation de sa bien-aimée) et d’une retrouvaille. Comme dans les films, l’histoire se termine bien.

C’est auprès des membres de sa famille qu’Yves puise la majorité de son répertoire (80 %[1]). Les chansons à répondre étaient à l’honneur dans les rassemblements familiaux. En revanche, à la fin des veillées, ses oncles chantaient des « complaintes » [ballades] qu’il n’avait jamais entendu et des chansons à deux (en dialogue). « C’était des moments magiques. »

Interprétation

Yves Marion entend le timbre de voix de son père à travers sa propre voix : « Avec l’âge [rire], on va chercher les profondeurs de nos racines. » En chantant, il voit les gens dans les circonstances dans lesquelles il a appris ses chansons.

Yves chante a capella, assis et en tapant du pied, excepté lorsqu’il acte ses chansons.

Faits marquants

Sa collaboration au groupe Légende lui a valu deux albums, une nomination à l’Adisq dans la catégorie Album de l’année – Folklore, une participation à l’émission Vazimolo sur les ondes de Radio-Canada ainsi qu’à des émissions radiophoniques. Il s’est produit dans des événements à travers le Québec, dans sa communauté natale et, bien sûr, à de nombreuses fêtes familiales et amicales. En 2014, il participe à la série documentaire Le chant du monde produite par le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière et réalisée par André Gladu.

En terminant, Yves reprend les paroles de sa mère : « Ils m’ont donné une voix, c’est pour s’en servir. »

[1] Dix-neuf pour cent de son répertoire sont des chansons western et un pour cent provient de chansonniers québécois.

J’ai rédigé cet article dans le cadre d’un projet sur « La pratique de la chanson traditionnelle dans le nord de Lanaudière » du Centre régional d’animation du patrimoine oral de Lanaudière (CRAPO). Une synthèse de ce texte est diffusé au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

Répertoire – Enregistrements sonores

Cliquez sur le lien ci-bas pour entendre ses chansons.

Dimanche, on joue ! [EN DIRECT]

Philippe Jetté et Mélanie Boucher souhaitent élever un record de participation au jeu de la chaise musicale

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Chansons transmises au Festival des Festivals Trad

Philippe Jetté et Mélanie Boucher ont offert un atelier de transmission de chansons traditionnelles pour toute la famille lors du Festival des Festivals Trad En Direct du Conseil québécois du patrimoine vivant le 20 mars 2020 pendant le confinement COVID-19. Plus de cent cinquante foyers à travers le Québec, l’Amérique et même d’Europe ont pris part à cette expérience. Le but était que les participants apprennent les chansons et les rechantent en famille ou en solo durant la période de confinement. Voici des aide-mémoires sonores des chansons.

Enregistrements sonores des six chansons partagées à l’atelier

  • Jean Petit
  • Un petit pouce qui danse
  • Trois petits minous
  • Pierrot n’a pas…
  • La perdriole
  • Le yâbe est dans la ville

 

 

Atelier au Festival des Festivals Trad En Direct

Le Conseil québécois du patrimoine vivant tient une première édition du Festival des Festivals Trad En Direct de sa page Facebook, entre 11 h et 22 h, le samedi 28 mars 2020. Philippe Jetté et Mélanie Boucher animeront un atelier de transmission de chansons traditionnelles pour toute la famille d’une durée de 45 minutes à 11 h 15. Le duo invitent la communauté Facebook (enfants, parents, grands-parents) à apprendre des chansons de tradition orale pour adultes et pour enfants afin de se divertir en solo ou en famille pendant le confinement COVID-19.

Consultez la programmation complète ci-bas. Connectez-vous dès 11 h en cliquant ICI.

Chansons pour toute la famille en direct sur Facebook

Philippe Jetté et Mélanie Boucher égayerons la vie des familles québécoises et d’ailleurs qui vivent un confinement suite aux mesures liées à la pandémie du COVID-19 le jeudi 26 mars 2020 dès 19 h 30. Le duo propose une soirée de chansons traditionnelles pour les petits et les grands dans le confort de leur foyer. La prestation sera diffusée en direct sur le groupe Facebook Ça va bien aller! – Mouvement Positif – Covid 19. Connectez-vous et répondez aux chansons !

 

Daniel Perron, ou l’Obélix de la chanson traditionnelle

Biographie

Né à Montréal le 23 mars 1965, Daniel Perron est considéré comme l’« Obélix de la chanson traditionnelle ». Il est tombé dans la potion lorsqu’il était petit. Sa mère agit comme mentor et lui transmet la majorité de son répertoire. Dès 1994, Daniel se produit sur scène, notamment, avec La Souvenance traditionnelle, Héritage familial et Grav’Ô Portes.

Daniel est en contact avec sa région d’adoption dès son jeune âge. Son grand-père, son oncle et, plus tard, ses parents, possèdent un chalet à Saint-Jean-de-Matha. Lui-même y réside depuis 1980. Dès l’adolescence, Daniel exerce plusieurs métiers (classeur de bois franc dans un moulin à scie, agent de sécurité) avant d’être directeur d’usine pour une compagnie de portes et fenêtres, un poste qu’il occupe depuis 17 ans.

Apprentissage et transmission

À son retour  de l’école, Daniel entend toujours sa mère (Thérèse Côté) chanter. Le petit Daniel l’écoute et mémorise ses chansons. Pour l’aider, sa mère les recommence et il chante avec elle. La transmission étant uniquement à l’oral, Daniel développe une technique de mémorisation par des images mentales. « J’ai toujours visualisé mes chansons. » Il voit les personnages de sa chanson comme dans un roman. Quand il chante, il voit sa mère, ensuite, il se voit chanter avec elle, et il revient à l’histoire de la chanson. Son truc : garder le focus et voir son film dans sa tête. Daniel peut chanter cinq à quinze fois, en ligne, la même chanson pour la mémoriser.

Daniel Perron se souvient des fêtes spontanées, avec les membres de sa famille, au camp familial de Saint-Jean-de-Matha. Tous les enfants vont se coucher en haut, tandis que le party vire en bas. Des chansons à répondre se font entendre une à la suite de l’autre. Le petit Daniel se sauve de sa couchette pour écouter les plus vieux. Son oncle Jean-Claude l’aperçoit assis dans les marches et lui demande de chanter des chansons. Il a sept ans et a la chance de participer à la veillée des adultes. Privilégié, il écoute et mémorise tout : « J’enregistrais pas juste la chanson. J’enregistrais les faits, les mimiques, la passion qu’i[ls] avaient de chanter, la façon de faire, de gesticuler, de vivre leur folklore. »

Très jeune, Daniel pratique la chanson traditionnelle intensément. Au début de l’adolescence, son intérêt dévie vers Offenbach, Paul Piché et Robert Charlebois. À ce moment, il lui manque quelque chose, comme s’il avait une grande soif. À 16 ans, l’amour du folklore lui revient de plein fouet. Sa mère l’amène, alors, à se surpasser. À cet instant, la fusion s’opère. Il assimile d’innombrables chansons. Elles s’imprègnent toutes dans sa mémoire. Daniel Perron continue toujours à multiplier son répertoire.

La transmission de son héritage familial passe beaucoup par la diffusion de ses albums. Quelques groupes et artistes ont repris de ses chansons. Dans la famille, son fils Dany est sa principale relève. Il connaît une centaine de chansons de son répertoire. Ses neveux et nièces chantent également de ses chansons.

Contexte de pratique

Daniel commence à chanter devant public dans une cabane à sucre à l’âge de cinq ans avec une chanson énumérative, Mon père n’a plus que 5 poulets. Plus de 75 personnes sont rassemblées à cette occasion. Après avoir chanté sa chanson, les gens, en arrière, disent : « On l’a pas entendu. On l’ voit pas. » Sa mère prit aussitôt une chaise et mit Daniel au milieu de la place, debout sur la chaise. Suite à cette première expérience, les gens lui demandent de chanter à nouveau sa chanson. Sa mère lui dit : « Il faut que t’en apprenne d’autres là. » Il apprend donc des chansons caractéristiques de ses parents : Dimanche à la veillée, Sur la rue Saint-Urbain, J’ai descendu à l’ombre.

Toutes les occasions sont bonnes pour chanter : épluchettes, noces, fêtes calendaires, etc. Les temps des Fêtes de sa jeunesse sont imprégnés dans sa tête comme un film. Sa grand-mère maternelle habite un logement 3½ à Montréal où elle reçoit sa famille (35 personnes) pour le dîner du jour de l’An. Après le repas, « ça enlevait les tables, les bottes dans le bain, les manteaux sur le lit, ça faisait une montagne. » Ensuite, les chaises sont placées en cercle (ou ovale) dans la cuisine et dans le salon.

La chanson traditionnelle se pratique exclusivement en famille. Daniel se plait à revoir sa mère et sa parenté heureuses de chanter. Un jour, il se dit : « Moi aussi, j’ai le droit. J’aimerais ça bien feeler comme ça. Veux, veux pas, tu te déhanches un peu pis tu tapes du pied pis tu réponds aux chansons. » Pour lui, la pratique de la chanson traditionnelle est beaucoup plus que du plaisir. Elle représente des souvenirs familiaux, son enfance et la vie de sa parenté. « C’est plus qu’un amour, c’est une passion, un mode de vie. »

Aujourd’hui, Daniel chante à l’occasion du temps des fêtes, de soirées familiales, de baptêmes, autour d’un feu de camp, pendant des trajets en automobile avec son fils et, bien sûr, en concert. Daniel Perron se produit sur scène dans de nombreux festivals et événements de tout genre à travers le Québec et l’Ontario, avec les groupes La souvenance traditionnelle, Héritage familial et Grav’Ô Portes.

Répertoire

Daniel Perron estime son répertoire à près de 500 chansons. Parmi celles-ci, de 200 à 300 chansons proviennent du répertoire familial. Son grand-père, Paul Côté, revient des chantiers avec les poches pleines de chansons. Ses arrière-grands-parents Bazinet possèdent aussi un imposant répertoire. Daniel puise également des chansons auprès de sa belle-famille.

Daniel est attiré par les chansons, lente ou dynamique, qui ont de la vie, une histoire à raconter. Par exemple, La complainte du jour de l’An, une chanson de table qui rappelle la force des liens familiaux, l’éloignement des mauvais sorts de la dernière année et la chance d’en avoir une meilleure. Elle est chantée, en trio, par sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère, et maintenant par lui, à tous les repas du jour de l’An.

Interprétation

La pratique de la chanson traditionnelle de Daniel Perron est ritualisée par des gestes lui permettant de demeurer ancré dans ses racines familiales. Avant de chanter, Daniel repasse toujours le début de sa chanson et pense à la personne de qui il l’a apprise. Pour lui, c’est une marque de reconnaissance, de respect et de confiance. Ses prédécesseurs l’habitent et lui donne la confiance dont il a besoin pour chanter ses chansons.

Au début de l’âge adulte, Thérèse Côté (sa mère) lui prodigue plusieurs conseils d’interprétation : « Vie tes chansons, vie tes émotions, rentre dans ton texte. […] Une chanson à répondre, c’est comme l’eau qui coule dans un ruisseau. Empêche pas l’eau de couler, pis laisse-la couler, pis suit le courant. »

Daniel chante debout, en bougeant, en dansant et en mimant ses chansons. Il a besoin de voir le monde, exactement comme sa mère. « Ma mère vie à travers moi. Je l’ai appris de même. »

Faits marquants de sa carrière

Daniel Perron débute une carrière en chanson traditionnelle grâce à sa rencontre avec Jean-Claude Mirandette et Jean-Paul Loyer. Les deux acolytes invitent Daniel à participer à un spectacle de la Saint-Jean-Baptiste, en 1994, au Parc Bosco devant huit à dix milles personnes. Plusieurs artistes participent à ce spectacle : Jean-Claude Mirandette, Jean-Paul Loyer, Gaston Lepage, Éric Beaudry et Denis Violetti. À ce moment, il pogne la piqûre. Jean-Claude et Jean-Paul lui propose de faire un album (Héritage familial, 1996).

L’amorce de sa carrière de chanteur coïncide avec les débuts du Festival Mémoire et Racines. À l’été 1996, il est invité à participer aux ateliers de chanson du festival. À une édition subséquente, il prend part à un atelier en « Hommage à Gilles Cantin ». Sa carrière est lancée. Par la suite, il forme les groupes La Souvenance traditionnelle, Héritage familial et Grav’Ô Portes (actif depuis 2006). En 23 ans de métier, il participe à la production de sept albums et enregistre plus de 80 chansons. Il souhaite que ce répertoire inspire la relève.

Un fait est à noter dans sa carrière. Daniel Perron remporte le Grand championnat canadien de chanson à répondre, à Noelville (près de Sudbury, Ontario), en 1998, avec la chanson Tiens ben le robinet. Il se fait accompagner par les musiciens de La Souvenance traditionnelle, Rémi Laporte et Martin Lévesque, avec lesquels il est en tournée.

Sa mère lui a toujours dit d’atteindre les gens en se donnant à 100 % et en vivant son folklore avec son cœur : « Ta voix, il faut qu’elle sorte de ton cœur, de tes entrailles. Ta passion, partage-la. » C’est ce qu’il fait.

« Ma mère, c’était tout un monument. »

J’ai rédigé cet article dans le cadre d’un projet sur « La pratique de la chanson traditionnelle dans le nord de Lanaudière » du Centre régional d’animation du patrimoine oral de Lanaudière. Une synthèse de ce texte est diffusé au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

Répertoire – Enregistrements sonores

Cliquez sur le lien ci-bas pour entendre ses chansons.

 

Chansons d’Yves Marion transmises au Festitrad

J’ai eu le privilège d’accompagner Yves Marion, au Festitrad de la Ville de Saint-Gabriel, dans la transmission de chansons traditionnelles provenant de son répertoire familial, le samedi 6 avril 2019. Une trentaine de personnes ont participé à cet atelier unique.

Yves Marion est né le 7 mars 1952 à Saint-Côme, dans le nord de Lanaudière. La chanson et la musique traditionnelles sont omni présentes dans sa famille. L’ensemble des quatre générations de la famille Marion chantent pour le plaisir de partager une pratique rassembleuse. En plus d’être un chanteur au répertoire inépuisable, Yves joue du violon et de la mandoline. Il pratique le métier de bûcheron avec son père et ses frères jusqu’en 1990. Il manie, alors, des abatteuses jusqu’à sa retraite en 2018.

Voici les trois chansons qu’Yves Marion a entendues de sa mère, de son père et de ses oncles. Écoutez les chansons ci-bas et téléchargez les paroles en cliquant sur leurs titres.

RÉSULTAT DE L’ATELIER DE TRANSMISSION

Première de « Chansons et réflexions intimes » au Musée d’art de Joliette

Vivez l’intimité de la tradition orale avec Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert !

Le Musée d’art de Joliette, la Ville de Joliette et Philippe Jetté présentent, en exclusivité, la première du projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! » au Musée le jeudi 18 octobre 2018 à 19 h 30 (145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil). Cette présentation lancera une tournée de six salons, dans des maisons privées de Lanaudière. Cet événement ouvert à tous est à contribution volontaire.

Le projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! » consiste à explorer la vie familiale de la chanson traditionnelle d’une héritière naturelle de cette pratique, Mme Mélanie Boucher, ainsi que d’autres familles lanaudoises, et de rendre accessible à la collectivité cette réalité culturelle de la sphère privée, par une création unique en son genre, soit un essai vivant sur la chanson de tradition orale croisant le théâtre, le spectacle, la veillée traditionnelle et la médiation culturelle.

L’équipe de création, composée de Mélanie Boucher, Philippe Jetté et Marie-Joanne Boucher, est impatiente de vous présenter le résultat de leur démarche novatrice. « Cette présentation permet aux citoyens de vivre une expérience culturelle enracinée dans la tradition familiale. Elle leur permet de plonger dans l’intimité de la tradition orale et de découvrir la richesse et la diversité de la pratique de la chanson traditionnelle », évoque Philippe Jetté, initiateur du projet. À l’aube de la quarantaine, Mélanie Boucher désirait partager son héritage familial. « Ce projet me permet d’inviter les gens au cœur de ma cellule familiale pour partager ma relation passionnelle et intime avec la chanson traditionnelle et pour faire revivre mon grand-père à travers ma voix et la leur », mentionne celle qui transporte, depuis son jeune âge, les chansons de son aïeul. Marie-Joanne Boucher trouve ce projet essentiel. « Le souvenir et la transmission nous forgent en tant que société certes, mais c’est dans l’intimité qu’ils sont les plus florissants », affirme la metteure en scène.

Mélanie Boucher (coauteure et interprète), Marie-Joanne Boucher (metteure en scène) et Philippe Jetté (producteur, coauteur et interprète).

Dans une atmosphère intime et chaleureuse, le tandem Boucher-Jetté présentera la chanson traditionnelle sous toutes ses formes (à répondre, ballade, comptine, berceuse, etc.). Ils proposeront des réflexions sur la pratique du chant (transmission, contexte de pratique et historique), le récit et le contexte social des chansons.

SYNOPSIS

Deux amoureux de la chanson traditionnelle (Philippe Jetté et Mélanie Boucher) se retrouvent le soir et chantent pour partager, dans un salon, leur répertoire et leurs réflexions sur la pratique du chant traditionnel. Le spectateur s’imprègne tranquillement de leur univers. Soudainement, le public est interpellé par une question. Les spectateurs deviennent alors des participants de la pièce. Ils se retrouvent à veiller au salon en répondant aux chansons ainsi qu’en partageant leur répertoire, leurs réflexions et leur rapport à cette pratique. Une interaction s’installe entre les interprètes et le public. La soirée vire en veillée traditionnelle festive. Les citoyens vivent une expérience sociale vraisemblable.

Information : www.traditionsvivantes.com ou 450 397-2313. Suivez les activités du projet sur Facebook au www.fb.com/philippe.jette.mediateur.patrimoine.vivant/.

Rappelons que le projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! » est rendu possible grâce au soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la MRC de Montcalm dans le cadre de l’Entente de partenariat territorial en lien avec la collectivité de Lanaudière.

Accueillez un projet novateur dans votre salon !

Philippe Jetté et Mélanie Boucher, les deux interprètes du projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! », sont à la recherche de gens pouvant les accueillir pour une présentation innovante dans leur salon à l’automne 2018 ou à l’hiver 2019.

Cette démarche novatrice présentera, dans six salons de chaumières lanaudoises (maisons privées), la rencontre du répertoire familial de Mme Boucher et de M. Jetté ainsi que le répertoire entendu et recueilli auprès d’autres familles lanaudoises.

« Nous sommes à la recherche de familles désirant nous accueillir dans leur salon pouvant contenir une vingtaine de personnes le temps d’une soirée conviviale. Les maîtres de la maison auront la chance d’inviter leur entourage à participer à cette expérience culturelle. Ils doivent avoir une capacité à mobiliser leurs proches », lance Philippe Jetté, initiateur du projet. Seule une contribution volontaire sera demandée aux participants.

Le projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! » consiste à explorer la vie familiale de la chanson traditionnelle d’une héritière naturelle de cette pratique, Mme Mélanie Boucher, et de rendre accessible à la collectivité lanaudoise cette réalité culturelle de la sphère privée, par une création unique en son genre, soit un essai vivant sur la chanson de tradition orale croisant le théâtre, le spectacle, la veillée traditionnelle et la médiation culturelle. La mise en scène du projet est assurée par la comédienne lanaudoise Marie-Joanne Boucher.

Surveillez la première de cette présentation qui aura lieu cet automne dans un lieu public de la Ville de Joliette.

Contactez-nous pour participer.

Rappelons que le projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! » est rendu possible grâce au soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la MRC de Montcalm dans le cadre de l’Entente de partenariat territorial en lien avec la collectivité de Lanaudière.

Lucien Jetté, un chanteur habité par ses chansons

« Hourra pour nous autres ! »

Voici, en hommage à un grand chanteur de la Nouvelle-Acadie décédé le 24 mars 2016, un article rédigé en mai 2014 pour le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière.

Comme à chaque édition de la Grande fête du chant traditionnel de Lanaudière, un chanteur de la région est honoré pour la transmission et la richesse de son répertoire. En 2014, le Centre du Patrimoine Vivant de Lanaudière a rendu hommage à M. Lucien Jetté.

Ce grand homme fait partie d’une espèce en voie d’extinction, les grands chanteurs de tradition orale. Lucien Jetté a mémorisé plus d’une centaine de chansons, simplement à les entendre dans des noces et des veillées familiales et communautaires.

Ces occasions de rassemblement et de fête étaient des contextes favorables pour partager du répertoire. « Les jours de l’An chez mémère Laporte, la maison était ben pleine dure, de tous les voisins pis toute la parenté. Ça chantait pis ça dansait toute la nuit. », se souvient M. Jetté.

De nos jours, les chanteurs traditionnels apprennent principalement leur répertoire, figé, sur des transcriptions, des albums de musique traditionnelle et des enregistrements d’archives qu’ils consultent à répétition pour les retenir. La société s’est transformée et les occasions de rassemblements familiaux sont de moins en moins fréquentes. Le mode de transmission doit-il se métamorphosé ? Quant à lui, Lucien Jetté croit que, dans le futur, la chanson traditionnelle se transmettra dans des veillées communautaires.

Un homme enraciné

Cultivateur retraité, Lucien Jetté habite, depuis sa naissance en 1925, le chemin de la Grande Ligne à Saint-Alexis. Il évolue dans un contexte où toutes les occasions sont bonnes pour chanter. Son père, ses oncles maternels, ses cousins, ses frères, ses sœurs et ses voisins pratiquent également le chant traditionnel.

Une famille de son voisinage a une influence prépondérante sur son répertoire, les Pelland. Originaire de l’Ontario, Romulus et ses fils sont des chanteurs aguerris que Lucien côtoie jusque dans les chantiers.

Les principaux héritiers du répertoire de Lucien Jetté sont ses neveux de La Famille Cantin avec qui il a partagé de beaux moments en famille, sur scène (entre 1998 et 2005) et sur disque (Dans le 5e rang, 2001). D’ailleurs, feu Gilles Cantin, illustre membre de La Bottine Souriante, entretenait une relation particulière avec son oncle Lucien qui lui avait transmis la majorité de son répertoire. Plusieurs de ses chansons sont devenues célèbres grâce à la popularité des groupes La Bottine Souriante et La Famille Cantin. Qui ne connait pas la chanson Dans la grande côte, elle est montée ?

Un chanteur dynamique et habité

Littéralement habité et soulevé par ses chansons, il n’est pas rare de voir Lucien s’accompagner de quelques pas de gigue et de gestes venant soutenir ses propos. L’intensité du plaisir collectif partagé de la chanson est tellement élevée, qu’il termine souvent ses chansons par : « Hourra pour nous autres ! ». Ce rituel de fin de chanson lui provient de son frère Jean-Paul.

Passionné et aimant de la chanson traditionnelle, celle-ci fait toujours partie de son quotidien. Encore à 89 ans, Lucien Jetté chante le soir pour son propre plaisir.

À l’ère des nouvelles technologies et de notre société de consommation, possédez-vous ce luxe de vous auto divertir par les chansons héritées de nos « vieux » ? Il est encore temps d’aller à la rencontre d’hommes et de femmes d’exception comme Lucien Jetté, imprégnés d’une richesse à partager.

Par Philippe Jetté, médiateur du patrimoine vivant consultant pour le Centre du Patrimoine Vivant de Lanaudière, le 12 mai 2014.

Vidéo réalisée par son petit-fils Alex Jetté-Beauchamp.