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Dans le cadre du projet Transmission du Centre du Patrimoine Vivant de Lanaudière (CPVL), j’ai eu le privilège d’échanger avec Marie-Jeanne Dupuis sur une pratique culturelle traditionnelle familiale. Je vous présente ici un échantillon du bonheur que cette passionnée entretient avec son mode d’expression de prédilection : la danse traditionnelle.

Tout d’abord, la pratique de la danse traditionnelle dans la famille Dupuis (du Grand Rang de Saint-Jacques) est une tradition qui provient du côté de leur mère, la famille Thibodeau. Marie-Jeanne Dupuis (65 ans), aînée de la famille de Jean-Marie Dupuis et de Lucille Thibodeau, se rappelle des jours de l’An de son enfance chez son grand-père Armand Thibodeau dans le Rang de la Rivière-Rouge à Saint-Liguori. Ses oncles et ses tantes dansaient, mais pas son grand-père. Lui, il se réservait pour l’harmonica. Quant à sa mère, elle était toujours à la recherche d’un cavalier puisque son mari n’aimait pas danser.

C’est vers l’âge de 11-12 ans que Marie-Jeanne danse son premier « set carré », nommé La chaîne des dames. Elle a toujours senti que les enfants faisaient partie de la gang, qu’ils n’étaient pas exclus, mais plutôt les bienvenus. Elle dit : « Ça nous encourageait et ça nous motivait. » C’était une étape dans sa vie. Elle a appris à danser par imitation et sans explication.

Plus tard, c’était sa mère qui organisait les veillées, deux à trois fois par année : au jour de l’An, pendant l’hiver et à la cabane à sucre. Dès qu’il y avait un rassemblement familial, comme un mariage, ça dansait.

Lorsqu’on demande à Marie-Jeanne pourquoi elle danse, elle répond : « J’oublie tout. Ça m’énergise et ça me rappelle de très bons souvenirs. Rester assise quand un bon reel joue, c’est quasiment un supplice. » Elle nomme certaines valeurs que l’on retrouve dans la pratique traditionnelle de la danse : le rassemblement, la fête et la simplicité.

Lorsqu’on réfléchit à la simplicité de cette tradition, on constate que c’est un divertissement accessible à tous et qu’il n’y a pas de performance recherchée. On évoque aussi le fait d’être quatre couples positionnés en carré ou en cercle sans d’autre besoin qu’une musique dynamique. Celle-ci nous fait transcender et interpréter des mouvements qui se transmettent depuis plusieurs générations. Ces gestes ont tellement été pratiqués par notre collectivité qu’ils sont intégrés en nous, dans notre génétique. Nous les connaissons malgré nous, il ne reste plus qu’à les faire revivre.

Chez les Dupuis, La chaîne des dames a été remplacée par le Passez par six (Set à crochet) qu’ils ne se lassent pas de danser dans toutes les veillées.

Comment se vit la transmission de la danse aujourd’hui ?

Les « chums » et les « blondes » des membres de la famille Dupuis n’ont pas eu le choix de vivre l’expérience de la danse traditionnelle. Mme Dupuis (Lucille Thibodeau) tirait après les nouveaux arrivants dans la famille pour les faire danser : « Viens danser, viens danser ! Je ne sais pas danser. On va te le montrer, ce n’est pas grave. ». C’était elle qui « runnait la barque ». Ils apprenaient par l’exemple. Marie-Jeanne dit : « Ils voyaient qu’on s’amusait, ça se faisait naturellement. Ils apprenaient sur le tas comme on dit. » Ils se sont intégrés à cette pratique culturelle traditionnelle et par le fait même à cette famille de bons vivants. Quel bon moyen pour faire connaissance et socialiser ! Pour la plupart, c’était leur initiation.

Dans le contexte actuel, la famille Dupuis danse presque uniquement au jour de l’An. Il y a tout de même des exceptions, tel qu’une fête spéciale comme un anniversaire de mariage (25e ou 50e). Et pourquoi pas à l’Halloween ? C’est ce qu’ils ont fait la veille de la Toussaint 2012, danser. En février 2011 dans le cadre de la Saint-Valentin, j’ai eu la chance de jouer de l’accordéon pour la famille de Marie-Jeanne et de Normand Degrandpré. C’est avec le plus grand bonheur que Marie-Jeanne a dansé son premier « set » en petite famille, c’est-à-dire, avec ses enfants et ses petits-enfants. Au dernier réveillon du jour de l’An, suite à l’initiative de sa nièce, Nancy (à Jean-Pierre) Migué, toutes les générations ont eu le plaisir de partager un moment de danse familiale.

Quand l’habitude de se rassembler, chez son frère Gus, la veille du jour de l’An cessera, la passionnée réfléchit tout haut : « Quand ça va tomber, ce sera à moi de dire on fait quelque chose ici. On ne peut pas passer un jour de l’An sans danser, c’est impossible ! »

Crédits photo : Stéphane Brisson. La famille Dupuis en danse au réveillon du jour de l’An 2012, Nelson Migué au câll sous l’admiration de sa grand-mère.

Rédigé par Philippe Jetté, médiateur du patrimoine vivant, le 8 janvier 2013. Article paru dans le Bulletin d’information de la municipalité de Saint-Jacques : Le Jacobin, Février 2013, Volume 11, No 1.

Source 

Projet Transmission du Centre du Patrimoine Vivant de Lanaudière (CPVL), entrevue réalisée par Philippe Jetté auprès de Marie-Jeanne Dupuis, le 4 juin 2012.

Dans la famille Dupuis du Grand Rang de Saint-Jacques, la danse traditionnelle est au cœur des rassemblements familiaux. Rencontrée dans le cadre du projet Transmission du Centre du Patrimoine Vivant de Lanaudière (CPVL), Marie-Jeanne Dupuis m’a partagé sa vision, son amour et ses questionnements quant à l’avenir de la pratique familiale de la danse traditionnelle.

C’est vers l’âge de 11-12 ans, chez son grand-père Thibodeau à Saint-Liguori, que Marie-Jeanne, aînée de la famille de Jean-Marie Dupuis et de Lucille Thibodeau, vit une étape importante dans sa vie. Elle danse son premier « set carré », La chaîne des dames. C’est  par imitation, en dansant avec les plus vieux, qu’elle apprend les rudiments de la danse traditionnelle.

Marie-Jeanne Dupuis nomme certaines valeurs que l’on retrouve dans la pratique traditionnelle de la danse, notamment le rassemblement, la fête et la simplicité. Quand on lui demande pourquoi elle danse, elle répond : « J’oublie tout. Ça m’énergise et ça me rappelle de très bons souvenirs. Rester assise quand un bon reel joue, c’est quasiment un supplice. »

Il est vrai que la simplicité est au cœur de cette tradition. C’est un divertissement accessible à tous dans lequel il n’y a pas de performance recherchée. Le plaisir émerge du simple fait d’être quatre couples positionnés en carré ou en cercle sans autre besoin qu’une musique dynamique. Celle-ci nous fait transcender et interpréter des mouvements qui se transmettent depuis plusieurs générations. Ces gestes ont tellement été pratiqués par notre collectivité qu’ils sont intégrés en nous, dans notre génétique. Nous les connaissons malgré nous, il ne reste plus qu’à les faire revivre.

Comment se vit la transmission de la danse traditionnelle en 2013 ?

Dans la famille Dupuis, vivre l’expérience de la danse traditionnelle est obligatoire pour les nouveaux conjoint(e)s. Dans plusieurs familles, cela se veut une forme d’initiation. Malgré l’inquiétude qui habite les nouveaux initiés, ceux-ci intègrent naturellement cette coutume et par le fait même, cette famille de bons vivants. La danse traditionnelle est un excellent moyen de socialiser et d’entrer en relation avec autrui.

Au dernier réveillon du jour de l’An, toutes les générations de la famille Dupuis ont eu le plaisir de partager un moment de danse intergénérationnelle. C’est le moyen qu’a trouvé un membre de la famille pour assurer la continuité de cette pratique familiale.

La famille Dupuis en danse au réveillon du jour de l’An 2012, Nelson Migué au câll sous l’admiration de sa grand-mère. Crédits photo : Stéphane Brisson.

Dans le contexte actuel, la famille Dupuis, tout comme plusieurs familles lanaudoises, danse presque uniquement au jour de l’An. Autrefois, les gens se voisinaient et les familles se réunissaient fréquemment, il y avait donc davantage de veillées et d’occasions de danser. Force est de constater que notre société a bien changé. La consommation et l’avènement des nouvelles technologies ont apporté un isolement social, en plus de diversifier l’offre et la quantité d’activités. Le manque d’intérêt des hommes envers la danse et l’insuffisance de la transmission de génération en génération sont aussi des facteurs importants du déclin de cette pratique. Malgré cette mutation sociale, la danse traditionnelle a su perdurer jusqu’à nous.

Marie-Jeanne Dupuis se préoccupe de la continuité de cette tradition. « Ça prend des gens qui portent le flambeau », affirme-t-elle.

Et vous, portez-vous le flambeau ? Faites-vous partie d’une famille dans laquelle la danse traditionnelle est à l’honneur dans vos fêtes familiales ? Comment vivez-vous cette pratique ? Vous pouvez partager votre expérience et vos réflexions avec moi par courriel à info@traditionvivantes.com ou par téléphone au 450 397-2313.

Rédigé par Philippe Jetté, médiateur du patrimoine vivant, le 14 février 2013. Cet article avait été diffusé dans les journaux régionaux de Transcontinental. 

Le Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV) est fier de lancer le tout premier numéro du magazine Culture Trad Québec. Ce numéro, qui porte le titre Allons danser !, propose de multiples articles de fond, entrevues, chorégraphie, etc., sur la danse traditionnelle au Québec et outremer.

Attendue depuis longtemps dans le milieu du patrimoine vivant, cette publication de grande qualité présente également des contenus touchant les arts comme le conte et la musique traditionnels, que ce soit sous la forme de bande dessinée (par Michel Rabagliati), de portraits, de reportages ou de témoignages.

D’autres sujets formidables ponctuent la revue, tels que le chant de gorge inuit, la musique trad à la radio, les archives audiovisuelles, la sculpture d’art populaire ou Riopelle et sa passion pour les savoir-faire transmis de génération en génération.

Comme s’il n’y avait pas assez d’articles de fond, des cartes de câlleurs à collectionner,  un horoscope trad, des jeux et des mots-croisés ajoutent un côté ludique à la publication.

Ce magazine a été produit dans le cadre du Réseau des veillées de danse au Québec, une initiative du CQPV rendue possible grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Le magazine est disponible pour achat en ligne au  www.patrimoinevivant.qc.ca et au bureau du CQPV à Québec. Il sera également vendu lors des événements 2022 du réseau Festivals Trad Québec.

Culture trad Québec
Allons danser !

Les membres du comité organisateur de La Grande cadence ont l’immense bonheur d’annoncer qu’ils ont reçu les documents officiels des témoins experts, Philippe Jetté – musicien, tapeux de pieds et médiateur du patrimoine vivant, et Antoine Gauthier – directeur général du Conseil québécois du patrimoine vivant et musicien du groupe Les Chauffeurs à Pieds.

C’est au final une demande d’homologation pour un total de 355 personnes ayant tapé du pied pendant 6 minutes 38 secondes qui sera déposée aux Guinness World Records!

L’événement aura également permis d’amasser plus de 50 000 $ en dons pour la Fondation des Samares et la cause de la persévérance scolaire!

Vivez Lanaudière a posé cinq questions à Philippe Jetté sur la Nouvelle-Acadie et ses interventions pour le développement des traditions vivantes dans Lanaudière. Philippe raconte comment son intérêt pour son territoire, son patrimoine et ses traditions s’est développé dans sa jeunesse. Il fait état de la formation de la Nouvelle-Acadie suite à la déportation des Acadiens, en plus de relater les célébrations entourant les origines acadiennes de sa communauté.

Lisez l’article « Nouvelle-Acadie : 5 questions à Philippe Jetté » !

Le Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV) est heureux de dévoiler la programmation des 25 veillées de danse de la Fête nationale, réalisées en partenariat avec le gouvernement du Québec. Quoi de mieux que de découvrir ou redécouvrir cette tradition festive en cette période de célébrations? Parcourez le Québec en participant aux 25 veillées de danse traditionnelle, tout à fait gratuitement.

Du 17 au 22 juin, toute la population est invitée à swinguer sa compagnie lors d’événements extérieurs rassembleurs, sous la gouverne de musiciens trad et d’un. e câlleur.euse. Domino, tout l’monde a chaud!

La danse traditionnelle, c’est une occasion en or de bouger! Après tout ce que le Québec et le monde ont vécu depuis plus de deux ans, c’est le temps de nous rencontrer à nouveau, tous et toutes, jeunes et moins jeunes, d’ici et d’ailleurs, de célébrer qui nous sommes et de festoyer en grand! – Antoine Gauthier – directeur général du CQPV

C’est un rendez-vous pour les amoureux de la danse comme pour les néophytes à la recherche d’émotions fortes. Ces
soirées font partie de la culture du Québec et contribuent à perpétuer la tradition et à la transmettre aux prochaines
générations.

Qu’est-ce qu’une veillée de danse traditionnelle? Visionnez cette vidéo pour un aperçu.

Parmi les veillées à ne pas manquer :

  1. Dansons nos traditions (17 juin, Lejeune, Halte Lacustre du Grand Lac Squatec)
  2. Une veillée su’l parvis (17 juin, Lachine, Parvis de l’église des Saints-Anges)
  3. Veillée de danse TRAD à St-Odilon (18 juin, Site de l’OTJ)
  4. La veillée de danse du Lac Maskinongé (18 juin, Saint-Gabriel-de-Brandon, Bal Maski)
  5. Pique-nique sympathique et danse trad (18 juin, Lévis, Site du couvent de Jésus-Marie)
  6. La danse d’avant (18 juin, Stoneham-et-Tewkesbury, Site de la chapelle de Tewkesbury)
  7. Veillée au coin du rang (18 juin, Weedon, Terrain de l’aréna)
  8. Ça danse à Saint-Laurent (18 juin, Île-d’Orléans, Terrain des loisirs)
  9. Bal Trad Paysan (18 juin, St-Félix-d’Otis, Site de la micro-ferme)
  10. Tournée régionale trad: Veillée de danse (19 juin, Val-d’Or, Marché public de la Vallée-de-l’Or)
  11. Veillée dansante traditionnelle (19 juin, Lachine, Club Chasse et Pêche)
  12. Danse trad sur un plateau (19 juin, St-Alexis-de-Matapédia, Parvis de l’église de St-Alexis)
  13. La Grande Veillée sur les berges du Richelieu (19 juin, Otterburn Park, Site de la Pointe-Valaine)
  14. Danse Trad au Marché champêtre de Melbourne (19 juin, Melbourne)
  15. Une danse pique-nique à Douglastown (19 juin, Gaspé, Terrain du Centre communautaire Douglas)
  16. Danser sous le soleil de Québec (19 juin, Parc de la Cetière)
  17. Veillée d’la St-Jean – Solstice en Bellechasse (21 juin, Beaumont, Parc récréotouristique de Vincennes)
  18. La Veillée Tissés Serrés (21 juin, Laval, Parc Bernard-Landry)
  19. Soirée dansante en hommage à Philippe Gagnon (21 juin, Val-David, La Seine de l’Île)
  20. Les petites veillées trad de Saint-Ours – Édition St-Jean-Baptiste (22 juin, Parc Alphonse-Desjardins)
  21. Ça swingue à Petite-Vallée (22 juin, Théâtre de la Vieille Forge)
  22. La Veillée d’EspaceTrad (22 juin, Montréal, Parc Ahuntsic)
  23. La veillée de danse du Festitrad (22 juin, Préau de Saint-Jean-de-Matha)
  24. La danse trad au cœur du village (22 juin, Lévis, Rue Saint-Louis – entre Dorimène-Desjardins et Côte du Passage)
  25. Veillée Trad du Solstice (22 juin, Waterville, Parc Bellevue)

Tous les détails et la programmation complète se trouvent ici.

Du 17 au 24 juin 2022, les occasions seront nombreuses pour célébrer la fête nationale. Le gouvernement du Québec
vous invite à prendre part aux différentes activités culturelles qui seront proposées partout au Québec.

À propos du Conseil québécois du patrimoine vivant
Le Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV) constitue depuis 1993 l’organisme de regroupement national en
patrimoine immatériel, soutenu par le ministère de la Culture et des Communications. Il fédère de façon démocratique
plus d’une centaine de membres associatifs des quatre coins du Québec. Il réalise des actions de concertation,
représentation, recherche, regroupement, transmission et promotion, tant à l’échelle locale, nationale
qu’internationale. Le CQPV est reconnu par l’UNESCO comme ONG-conseil dans le cadre de la Convention pour la
sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Une exposition virtuelle par Philippe Jetté, les élèves et la communauté de Sainte-Marie-Salomé Lire la suite

En décembre 2016, le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière (CPVL) s’est vu obligé de cesser ses activités, faute de soutien financier qui aurait permis la sauvegarde de l’organisme dédié à mettre en valeur et à transmettre la richesse et l’importance culturelle des traditions de Lanaudière. Aujourd’hui, l’OBNL souligne le travail des citoyens ayant permis la réalisation de ses grands projets.

Fondé en 2008 à Saint-Côme, le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière avait pour mission de mettre en valeur, de faire connaître et d’assurer la transmission des facettes actives de son patrimoine vivant, notamment la chanson traditionnelle. En misant sur des activités fédératrices et porteuses, le CPVL a été un vecteur principal de démocratisation des traditions québécoises, en mettant en valeur le patrimoine vivant et en le rendant accessible à l’ensemble de la population.

Au fil des années, de nombreuses initiatives ont été réalisées afin de partager et d’immortaliser des savoir-faire ancestraux, grâce à un travail de visibilité du patrimoine vivant. Parmi ces initiatives, mentionnons notamment :

  • La création de l’album Saint-Côme peut vous en chanter

Cet album met en vedette plus de 21 chanteurs de tradition orale du village de Saint-Côme. Chapeautée par le CPVL, cette initiative a servi de moyen de financement pour l’organisme tout en créant un sentiment d’appartenance et d’enracinement dans la communauté.

 

  • La continuité de la Grande fête du chant traditionnel de Lanaudière

En collaboration avec le Centre régional du patrimoine oral de Lanaudière (CRAPO), cet événement annuel majeur, ayant eu lieu de 2009 à 2016, a célébré la richesse de la chanson traditionnelle en soulignant l’apport de porteurs de tradition lanaudois à la transmission de ce répertoire. Le CPVL décernait le Prix Rossignol d’argent à un porteur de tradition pour la transmission de son répertoire et le Prix Nid d’hirondelle à la municipalité du porteur honoré.

 

  • La conception de l’atelier « Avez-vous le patrimoine vivant ? »

Animé par un médiateur en patrimoine vivant, accompagné par un musicien traditionnel, cet atelier a servi d’outil d’intervention efficace et polyvalent pour sensibiliser les citoyens et les élus à la richesse et à la diversité du patrimoine vivant.

 

  • La réalisation du documentaire Le Chemin des savoirs, escale à Saint-Côme

Ce documentaire québécois de 80 minutes, réalisé par Pierre-Alexandre Saint-Yves en 2012, s’est vu décerner le prix annuel du Centre Mnémo. Mettant en lumière les savoirs propres au village de Saint-Côme, le film présente quatre facettes de la tradition vivante du Québec : la chanson de tradition orale, la légende du Joual Marion, ou l’utilisation d’un surnom pour identifier quelqu’un d’extraordinaire, la danse traditionnelle et la sculpture sur glace.

 

  • La mise sur pied du projet Transmission

Le projet Transmission a offert à six artistes, artisans et intervenants culturels de Lanaudière une formation de 400 heures en médiation du patrimoine vivant. De plus, le projet a permis la documentation du savoir-faire traditionnel ainsi que la réalisation de nombreux ateliers de sensibilisation élaborés aux quatre coins de Lanaudière.

 

  • La production d’une série de courts métrages baptisés Le chant du monde

Ces vidéos documentaires mettant en vedette la chanson de labeur, la chanson à bercer, une balade et des chansons à répondre, ont servi de panneaux d’interprétation à la pratique de la chanson traditionnelle, au cœur du village de Saint-Côme.

 

  • La réussite de La Caravane Trad.

Mandaté par le ministère de la Culture et des Communications et la Conférence régionale des élus de Lanaudière (CRE), le CPVL a créé, produit et diffusé ce spectacle alliant performance théâtrale et multimédia ainsi que des ateliers interactifs d’initiation à des savoir-faire lanaudois.

 

Le CPVL a également déposé l’intégralité de ses archives à l’organisme Archives Lanaudière, dont la mission est de préserver les fonds et collections d’archives historiques de la région de Lanaudière et de ses habitants. Cette action essentielle a permis au CPVL de laisser une trace tangible de ses activités et de la documentation réalisée auprès de plusieurs porteurs de traditions pour les générations actuelles et futures. Certains porteurs sont désormais décédés, mais survivront au temps grâce à ce travail.

Cet imposant travail identitaire régional n’aurait pas été possible sans le soutien indéfectible des décideurs locaux, de plusieurs intervenants du milieu ainsi que de la population ayant à cœur la transmission, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine vivant de la région.

L’importance du patrimoine vivant dans une politique culturelle intégrée

Aujourd’hui, la sauvegarde et le développement durable des traditions vivantes au Québec sont grandement menacés, faute de ressources financières adéquates pour offrir aux organismes, comme le CPVL, les moyens de réaliser leur mission. Le patrimoine immatériel est pourtant conçu comme un vecteur d’action culturelle et de transmission, il ne doit pas seulement représenter un acte de commémoration historique ou symbolique. Le soutien au fonctionnement des organismes dédiés au patrimoine vivant est donc essentiel. Cette réalité a même été soulevée dans le document Recommandations pour l’élaboration d’une stratégie nationale pour le patrimoine immatériel (ou vivant) au Québec (2021), réalisé par le Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV). Le Plan d’action gouvernemental en culture 2018-2023 confirme cet état de fait. En 2021, si la valeur patrimoniale d’une pratique ou d’un savoir-faire traditionnel est officiellement reconnue, il convient désormais d’agir pour en assurer la pérennité. La Loi sur le patrimoine culturel, entrée en vigueur en 2012, a incorporé le patrimoine immatériel comme composante essentielle du patrimoine culturel des Québécois. Elle s’est inspirée pour cela de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, qui vise la pérennité des pratiques et des savoirs transmis de génération en génération grâce, notamment, à des changements dans les politiques publiques nationales.

Les acteurs du CPVL souhaitent conscientiser la population, ainsi que les instances gouvernementales, à l’importance du patrimoine immatériel dans une politique culturelle intégrée. La sauvegarde et le développement durable des traditions vivantes au Québec sont menacés. Oeuvrons ensemble et faisons entendre nos voix pour les préserver. Aussi longtemps que notre patrimoine est vivant, il est la garantie qu’une communauté est culturellement distincte et respectée, tant dans le présent que dans l’avenir.

À propos du Centre du patrimoine vivant de Lanaudière

Le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière était un organisme à but non lucratif créé en 2008, à titre d’entreprise d’économie sociale, basée à Saint-Côme, dans Lanaudière. L’objectif du centre était de sauvegarder et développer les pratiques traditionnelles lanaudoises, offrant un service d’intervention de qualité en matière de patrimoine vivant pour la communauté locale et le milieu lanaudois. Cet organisme culturel rassembleur était porteur d’une vision innovante dans le domaine. La mission du centre était de mettre en valeur la richesse et l’importance culturelles du patrimoine vivant de Lanaudière, de soutenir les mécanismes de transmission et d’actualisation des traditions et des savoir-faire en mettant l’accent sur le respect des valeurs et la portée identitaire de l’héritage culturel des Lanaudois, de développer et de consolider l’expertise professionnelle dans le domaine du patrimoine vivant dans Lanaudière ainsi que de développer et d’offrir à différents publics une expérience culturelle et touristique unique et de qualité. Le CPVL était membre du Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV).

L’origine des jeux de cartes remonte au VIIe et VIIIe siècle en Chine et vers 1380 en Europe. Le temps des Fêtes est un excellent moment pour jouer aux cartes en famille. Je vous présente le jeu « La pisseuse » transmis par William Savignac (4e année) à ses camarades de classe le 9 mars 2021. Il l’a appris de sa mère Audrey Mondor qui elle le tient de sa grand-mère. Ce jeu est aussi nommé « Dame de pique » et « La vieille fille ».

La pisseuse

Règles et déroulement
Le jeu se joue en équipe d’environ cinq personnes. S’il y a plus de participants, on ajoute un autre jeu de cartes à la partie.

1- Enlever les Joker et la Dame de trèfle du jeu.
2- Distribuer l’ensemble des cartes aux joueurs. Une carte est distribuée à un joueur, ensuite à l’autre d’à côté, ainsi de suite.
3- Rassembler ses cartes ayant une paire de numéro (tous les joueurs).
4- Discarter les cartes rassemblées (paires de numéro) au centre.
5- Faire « Am stram gram » pour déterminer celui qui va débuter la partie.
6- Piger dans dans le jeu du voisin de gauche une carte.
7- Rassembler et discarter les cartes paires de numéro.
8- La Dame de pique ne peut être discartée.
9- Continuer de piger dans le paquet de son voisin de gauche (en alternance) et de discarter jusqu’à ce que les joueurs aient discarté l’ensemble de leurs cartes.
10- Celui qui reste avec la Dame de pique perd la partie.
11- Le perdant brasse et distribue les cartes pour la partie suivante.

Découvrez d’autres jeux de cartes et d’autres jeux traditionnels en visitant l’exposition virtuelle « À la découverte des trésors de la Nouvelle-Acadie ».

Source : projet « À la recherche des trésors de la Nouvelle-Acadie » réalisé par Philippe Jetté à l’hiver et au printemps 2021 à l’École Saint-Joseph de Saint-Liguori dans le cadre du volet Une école accueille un artiste du programme La culture à l’école.

Les Petits Pas Jacadiens sont à la recherche d’archives familiales de gigue. L’organisme lance un appel à l’ensemble des familles lanaudoises pour découvrir, valoriser et transmettre le répertoire de pas de gigue pratiqué dans les chaumières lanaudoises.

« Nous sommes à la recherche de vidéos ou de photos où l’on voit des personnes pratiquer des pas de gigue. Si vous, votre grand-père, votre grand-mère, votre oncle, votre tante gigue ou giguait dans les fêtes de famille et que l’une de ses occasions a été captée en vidéo (sur VHS ou téléphone, par exemple), contactez-nous », lance Philippe Jetté, président de l’organisme. « L’objectif est de développer les connaissances liées à la pratique de la gigue dans Lanaudière », renchérit Charlotte Kelly, coordonnatrice du projet.

« À ce jour, aucun recensement de pas de gigue n’a été effectué dans Lanaudière », constate Philippe Jetté. « Nous ne connaissons donc pas le répertoire pratiqué transmis par tradition orale dans les familles lanaudoises. Nous demandons donc la contribution des citoyens dans cette démarche novatrice de documentation de pas de gigue. »

Information : projet@lespetitspasjacadiens.com ou 450 839-7527.

Rappelons que l’organisme Les Petits Pas Jacadiens a pour mission de valoriser, transmettre, promouvoir et diffuser la danse et la gigue traditionnelles québécoises et acadiennes.

Crédit : Guillaume Morin – Les Petits Pas Jacadiens.