Fricassée du lundi

La recette de la fricassée du lundi a été partagée par Christiane Robidoux aux participants des Ateliers de transmission de savoir-faire de la Ville de Joliette dans le cadre du projet « Joliette, au coeur des traditions », en collaboration avec Philippe JettéL’atelier s’est tenu le mercredi 9 octobre 2019 au Pavillon de la rivière de Joliette. Mme Robidoux tient cette recette de sa mère qui faisait de la fricassée le lundi avec les restants de la fin de semaine.

Et vous, quelle est votre version familiale de la fricassée ? Partagez-moi vos recettes ! Votre recette pourrait être mise à l’honneur !

Recette : Fricassée du lundi[1]

Recette pour huit personnes.

Ingrédients[2]

  • 4 tasses de cubes de restants de viande cuite (bœuf, porc, poulet, dinde, selon ce qui est disponible).
  • 4 c. à soupe d’huile végétale (pour la cuisson : 2 fois 2 c. à soupe).
  • 1 c. à thé de vinaigre de cidre.
  • ¼ de tasse de farine de blé.
  • 2 oignons moyens.
  • 1 gousse d’ail émincée.
  • 4 carottes moyennes grattées.
  • 8 pommes de terre moyennes épluchées ou grattées si ce sont des patates nouvelles.
  • 1 rutabaga (navet jaune) épluché.
  • 4 branches de céleri avec un peu de feuilles.
  • Fines herbes (1 c. à thé de sauge, de marjolaine et de thym ainsi qu’une feuille de laurier).
  • 2 c. à soupe d’épaississant à sauce (Bisto) ou 2 c. à soupe de farine mélangée à 1 c. à soupe de beurre.
  • 1 litre de bouillon de légumes ou de poulet.
  • Sel et poivre.

Accessoires

  • 1 grand poêlon.
  • 1 faitout avec un couvercle.
  • 1 planche à découper.
  • 1 couteau.
  • 1 cuillère de bois.
  • 1 cuillère à soupe.
  • 1 cuillère à thé.
  • 1 tasse à mesurer.

Directives

  1. Couper tous les légumes et les viandes (4 tasses) déjà cuites en cubes ou morceaux d’environ 2 cm.
  2. Faire chauffer, dans un poêlon, 2 c. à soupe d’huile et y faire dorer les cubes de viande sur feu moyen en brassant sans cesse pour que la viande ne colle pas au fond du poêlon.
  3. Saupoudrer d’un quart de tasse de farine de blé, ajouter sel et poivre, et brasser pour bien enrober les morceaux de viande.
  4. Verser, lorsque le tout est bruni (y compris le fond du poêlon!), la moitié du bouillon (500 ml) et 1 c. à thé de vinaigre de cidre dans le poêlon.
  5. Gratter le fond pour tout déglacer.
  6. Laisser mijoter trois minutes et retirer du feu.
  1. Émincer une gousse d’ail et deux oignons moyens.
  2. Faire chauffer, dans un faitout, 2 c. à soupe d’huile et y faire dorer à feu doux les oignons et l’ail émincé.
  3. Ajouter tous les légumes coupés en cubes et brasser pour enrober les légumes du mélange d’oignons, d’ail et d’huile.
  4. Cuire sur feu moyen en brassant sans cesse pendant 5 minutes.
  5. Émincer la sauge, le thym, la marjolaine.
  6. Ajouter les fines herbes (sauge, thym, marjolaine et la feuille de laurier entière).
  7. Brasser pour bien les répartir parmi les autres ingrédients. Les sucs de légumes doivent brunir légèrement au fond du faitout.
  8. Verser la deuxième moitié du bouillon (500 ml).
  9. Ajouter, par petits morceaux, le mélange de 2 c. à soupe de farine mélangée à 1 c. à soupe de beurre ou 2 c. à soupe de Bisto délayé dans l’eau et bien mélanger.
  10. Ajouter le mélange de viande et bien mélanger dans le faitout.
  11. Ajouter de l’eau pour avoir assez de liquide afin de couvrir le tout.
  12. Rajouter le sel et le poivre au goût.
  13. Couvrir et laisser mijoter sur feu doux pendant 30 à 40 minutes ou jusqu’à ce que les rutabagas soient tendres. Ce légume est le plus long à cuire.
  14. Servir le tout dans une assiette creuse avec une belle tranche de pain de ménage beurrée pour bien essuyer le fond de l’assiette.

[1] Recette de Christiane Robidoux. Sa mère faisait de la fricassée le lundi avec les restants de la fin de semaine.

[2] Tous les produits utilisés, dans le cadre de l’atelier, proviennent du marché d’alimentation écoresponsable À saveur locale, point de vente de fermes lanaudoises certifiées biologiques ou respectueuses de la santé de la terre.

L’atelier en photos

C’est quoi « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! » ?

« Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! », c’est :

  • Notre passion pour la chanson traditionnelle.
  • Sa pratique, son histoire.
  • Un essai vivant croisant théâtre, spectacle, veillée traditionnelle et médiation culturelle.
  • Une exposition vivante, inspiré de la relation de Mélanie avec son grand-père.
  • Une formule conviviale et participative.
  • Des interactions avec le public.
  • Des dialogues et des monologues touchants, inspirants et ludiques.
  • C’est une mise à nu de la chanson et de notre intimité, dans notre salon,
  • Avec Marie-Joanne Boucher, pour la mise en scène.

Chansons et réflexions intimes, c’est entrer dans l’intimité de la tradition orale !

« Jouer, c’est la vie ! »

Sauts interculturels – Rencontre autour de la marelle, la corde à danser et l’élastique

Joliette, au coeur des traditions

Un projet par et pour les citoyens !

Vos traditions familiales sont-elles bien vivantes ou auraient-elles besoin d’un coup de pouce pour en assurer leur transmission? C’est la question que soulève la Ville de Joliette à travers un jeu-sondage simple et sympathique disponible à compter d’aujourd’hui sur son site Internet. Lire la suite

Chansons d’Yves Marion transmises au Festitrad

J’ai eu le privilège d’accompagner Yves Marion, au Festitrad de la Ville de Saint-Gabriel, dans la transmission de chansons traditionnelles provenant de son répertoire familial, le samedi 6 avril 2019. Une trentaine de personnes ont participé à cet atelier unique.

Yves Marion est né le 7 mars 1952 à Saint-Côme, dans le nord de Lanaudière. La chanson et la musique traditionnelles sont omni présentes dans sa famille. L’ensemble des quatre générations de la famille Marion chantent pour le plaisir de partager une pratique rassembleuse. En plus d’être un chanteur au répertoire inépuisable, Yves joue du violon et de la mandoline. Il pratique le métier de bûcheron avec son père et ses frères jusqu’en 1990. Il manie, alors, des abatteuses jusqu’à sa retraite en 2018.

Voici les trois chansons qu’Yves Marion a entendues de sa mère, de son père et de ses oncles. Écoutez les chansons ci-bas et téléchargez les paroles en cliquant sur leurs titres.

RÉSULTAT DE L’ATELIER DE TRANSMISSION

Il était une fois… « La chatte blanche » !

Les participants à l’atelier « Contez à l’oral pour vos enfants ou vos petits-enfants » ont vécu une expérience au-delà de l’imaginaire. Diane Brisson les a transportés dans l’univers merveilleux du conte de « La chatte blanche ». Le public a pu visualiser les personnages et les décors du conte grâce son imagination et au talent de la conteuse. Les participants ont été ensuite invités à soulever les passages importants de l’histoire permettant de reconstruire le squelette du conte. Le but de l’atelier était de transmettre aux citoyens cette histoire ancienne de plusieurs siècles.

Diane Brisson a également parlé du lien privilégié qu’elle a entretenu avec sa grand-mère Clara Gaudet. Celle-ci lui racontait plusieurs contes merveilleux : La chatte blanche, Poucet, La bête à sept têtes, La montagne bleue, Le petit Jésus dans la crèche, etc.

L’atelier s’est déroulé le mercredi 24 octobre 2018 à l’occasion des Ateliers de transmission de savoir-faire de la Ville de Joliette, en collaboration avec Philippe Jetté.

Résumé

Le roi se fait vieillissant. Il souhaite offrir son royaume à un de ses trois fils. Pour choisir son héritier, il demande à ses trois princes de partir pendant un an et un jour. Ils doivent rapporter quelque chose de bien spécial. Au retour de ses trois fils, le roi est incapable de se décider. Ils devront repartir ainsi trois autre fois. La quatrième fois, le roi les invite à revenir avec la plus belle femme du royaume. Il demande alors au peuple de juger à sa place. Qui succédera au roi ?

Écoutez le conte de La chatte blanche.

Consultez l’aide-mémoire du conte : Il était une fois… « La chatte blanche » !

Accueillez un projet novateur dans votre salon !

Philippe Jetté et Mélanie Boucher, les deux interprètes du projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! », sont à la recherche de gens pouvant les accueillir pour une présentation innovante dans leur salon à l’automne 2018 ou à l’hiver 2019.

Cette démarche novatrice présentera, dans six salons de chaumières lanaudoises (maisons privées), la rencontre du répertoire familial de Mme Boucher et de M. Jetté ainsi que le répertoire entendu et recueilli auprès d’autres familles lanaudoises.

« Nous sommes à la recherche de familles désirant nous accueillir dans leur salon pouvant contenir une vingtaine de personnes le temps d’une soirée conviviale. Les maîtres de la maison auront la chance d’inviter leur entourage à participer à cette expérience culturelle. Ils doivent avoir une capacité à mobiliser leurs proches », lance Philippe Jetté, initiateur du projet. Seule une contribution volontaire sera demandée aux participants.

Le projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! » consiste à explorer la vie familiale de la chanson traditionnelle d’une héritière naturelle de cette pratique, Mme Mélanie Boucher, et de rendre accessible à la collectivité lanaudoise cette réalité culturelle de la sphère privée, par une création unique en son genre, soit un essai vivant sur la chanson de tradition orale croisant le théâtre, le spectacle, la veillée traditionnelle et la médiation culturelle. La mise en scène du projet est assurée par la comédienne lanaudoise Marie-Joanne Boucher.

Surveillez la première de cette présentation qui aura lieu cet automne dans un lieu public de la Ville de Joliette.

Contactez-nous pour participer.

Rappelons que le projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! » est rendu possible grâce au soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la MRC de Montcalm dans le cadre de l’Entente de partenariat territorial en lien avec la collectivité de Lanaudière.

Lucien Jetté, un chanteur habité par ses chansons

« Hourra pour nous autres ! »

Voici, en hommage à un grand chanteur de la Nouvelle-Acadie décédé le 24 mars 2016, un article rédigé en mai 2014 pour le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière.

Comme à chaque édition de la Grande fête du chant traditionnel de Lanaudière, un chanteur de la région est honoré pour la transmission et la richesse de son répertoire. En 2014, le Centre du Patrimoine Vivant de Lanaudière a rendu hommage à M. Lucien Jetté.

Ce grand homme fait partie d’une espèce en voie d’extinction, les grands chanteurs de tradition orale. Lucien Jetté a mémorisé plus d’une centaine de chansons, simplement à les entendre dans des noces et des veillées familiales et communautaires.

Ces occasions de rassemblement et de fête étaient des contextes favorables pour partager du répertoire. « Les jours de l’An chez mémère Laporte, la maison était ben pleine dure, de tous les voisins pis toute la parenté. Ça chantait pis ça dansait toute la nuit. », se souvient M. Jetté.

De nos jours, les chanteurs traditionnels apprennent principalement leur répertoire, figé, sur des transcriptions, des albums de musique traditionnelle et des enregistrements d’archives qu’ils consultent à répétition pour les retenir. La société s’est transformée et les occasions de rassemblements familiaux sont de moins en moins fréquentes. Le mode de transmission doit-il se métamorphosé ? Quant à lui, Lucien Jetté croit que, dans le futur, la chanson traditionnelle se transmettra dans des veillées communautaires.

Un homme enraciné

Cultivateur retraité, Lucien Jetté habite, depuis sa naissance en 1925, le chemin de la Grande Ligne à Saint-Alexis. Il évolue dans un contexte où toutes les occasions sont bonnes pour chanter. Son père, ses oncles maternels, ses cousins, ses frères, ses sœurs et ses voisins pratiquent également le chant traditionnel.

Une famille de son voisinage a une influence prépondérante sur son répertoire, les Pelland. Originaire de l’Ontario, Romulus et ses fils sont des chanteurs aguerris que Lucien côtoie jusque dans les chantiers.

Les principaux héritiers du répertoire de Lucien Jetté sont ses neveux de La Famille Cantin avec qui il a partagé de beaux moments en famille, sur scène (entre 1998 et 2005) et sur disque (Dans le 5e rang, 2001). D’ailleurs, feu Gilles Cantin, illustre membre de La Bottine Souriante, entretenait une relation particulière avec son oncle Lucien qui lui avait transmis la majorité de son répertoire. Plusieurs de ses chansons sont devenues célèbres grâce à la popularité des groupes La Bottine Souriante et La Famille Cantin. Qui ne connait pas la chanson Dans la grande côte, elle est montée ?

Un chanteur dynamique et habité

Littéralement habité et soulevé par ses chansons, il n’est pas rare de voir Lucien s’accompagner de quelques pas de gigue et de gestes venant soutenir ses propos. L’intensité du plaisir collectif partagé de la chanson est tellement élevée, qu’il termine souvent ses chansons par : « Hourra pour nous autres ! ». Ce rituel de fin de chanson lui provient de son frère Jean-Paul.

Passionné et aimant de la chanson traditionnelle, celle-ci fait toujours partie de son quotidien. Encore à 89 ans, Lucien Jetté chante le soir pour son propre plaisir.

À l’ère des nouvelles technologies et de notre société de consommation, possédez-vous ce luxe de vous auto divertir par les chansons héritées de nos « vieux » ? Il est encore temps d’aller à la rencontre d’hommes et de femmes d’exception comme Lucien Jetté, imprégnés d’une richesse à partager.

Par Philippe Jetté, médiateur du patrimoine vivant consultant pour le Centre du Patrimoine Vivant de Lanaudière, le 12 mai 2014.

Vidéo réalisée par son petit-fils Alex Jetté-Beauchamp.

Chansons de Jean-Claude Martial transmises au Festitrad

Samedi dernier, j’ai eu l’honneur d’accompagner Jean-Claude Martial dans la transmission de trois chansons de son répertoire au Festitrad de la Ville de Saint-Gabriel. Cette nouveauté du festival a attiré pas moins de 25 curieux et passionnés de la chanson traditionnelle.

Bûcheron de métier, Jean-Claude Martial a entendu ses premières chansons de son grand-père Émile Desjardins. Ce dernier était le point d’attraction des veillées du jour de l’An avec ses chansons humoristiques.

Son père, Pierre-Lucien, chantait uniquement pour ses enfants. Il entamait En passant par les épinettes à chaque traversée du bois pour se rendre chez son frère ou au club de chasse et pêche de Mastigouche. Ils étaient entourés d’épinettes. Son oncle « Burt » (Gilbert Martial) est aussi une grande source d’inspiration.

La valeur de l’humour, transmise par son grand-père maternel, se ressent dans l’interprétation de ses chansons. Ses gestes, ses regards et ses émotions passent à travers ses chansons. Comme il le dit lui-même : « Je chante comme je suis. »

Jean-Claude apprend encore des chansons à l’occasion. « Quand qui en a un qui nous arrive avec une nouvelle chanson, on saute dessus, comme le miel sur le pauvre monde. On veut la savoir, c’est comme un trésor. »

Voici les trois trésors de Jean-Claude Martial transmis avec grande générosité au Festitrad. Télécharger les paroles en cliquant sur le titre des chansons.

Le laboureur lui provient de Paméla Saint-Jean, la fille de son cousin Ernest. Elle la tenait de son père de Mandeville. Pour Jean-Claude, le laboureur a choisi sa vie dans cette chanson. Il vit sur sa terre avec sa femme : « Mais moi, je reste ici avec ma jolie femme ». C’est une mise en garde, poliment. Je tiens à préciser qu’il s’agit d’une chanson traitant, à l’origine, de viol.

Jean-Louis Roy a enregistré une veillée du jour de l’An de sa belle-famille en 1978. La petite Joséphine était chantée sur cet enregistrement par Rachel Bergeron. À l’écoute, Jean-Claude est immédiatement tombé en amour avec cette charmante chanson à double sens.

Une rencontre inattendue au CLSC avec sa tante Vitaline a permis à Jean-Claude d’apprendre une chanson grivoise de son grand-père Desjardins : Relève ta culotte. Perception de Jean-Claude au sujet de la chanson : « Les jeunes filles, c’était difficile de les empêcher d’aimer. Dans ce temps-là, ce n’était pas d’éduquer les enfants, mais de les contrôler. Ça ne marchait pas. On ne peut pas empêcher un cœur d’aimer. »