« Hourra pour nous autres ! »

Voici, en hommage à un grand chanteur de la Nouvelle-Acadie décédé le 24 mars 2016, un article rédigé en mai 2014 pour le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière.

Comme à chaque édition de la Grande fête du chant traditionnel de Lanaudière, un chanteur de la région est honoré pour la transmission et la richesse de son répertoire. En 2014, le Centre du Patrimoine Vivant de Lanaudière a rendu hommage à M. Lucien Jetté.

Ce grand homme fait partie d’une espèce en voie d’extinction, les grands chanteurs de tradition orale. Lucien Jetté a mémorisé plus d’une centaine de chansons, simplement à les entendre dans des noces et des veillées familiales et communautaires.

Ces occasions de rassemblement et de fête étaient des contextes favorables pour partager du répertoire. « Les jours de l’An chez mémère Laporte, la maison était ben pleine dure, de tous les voisins pis toute la parenté. Ça chantait pis ça dansait toute la nuit. », se souvient M. Jetté.

De nos jours, les chanteurs traditionnels apprennent principalement leur répertoire, figé, sur des transcriptions, des albums de musique traditionnelle et des enregistrements d’archives qu’ils consultent à répétition pour les retenir. La société s’est transformée et les occasions de rassemblements familiaux sont de moins en moins fréquentes. Le mode de transmission doit-il se métamorphosé ? Quant à lui, Lucien Jetté croit que, dans le futur, la chanson traditionnelle se transmettra dans des veillées communautaires.

Un homme enraciné

Cultivateur retraité, Lucien Jetté habite, depuis sa naissance en 1925, le chemin de la Grande Ligne à Saint-Alexis. Il évolue dans un contexte où toutes les occasions sont bonnes pour chanter. Son père, ses oncles maternels, ses cousins, ses frères, ses sœurs et ses voisins pratiquent également le chant traditionnel.

Une famille de son voisinage a une influence prépondérante sur son répertoire, les Pelland. Originaire de l’Ontario, Romulus et ses fils sont des chanteurs aguerris que Lucien côtoie jusque dans les chantiers.

Les principaux héritiers du répertoire de Lucien Jetté sont ses neveux de La Famille Cantin avec qui il a partagé de beaux moments en famille, sur scène (entre 1998 et 2005) et sur disque (Dans le 5e rang, 2001). D’ailleurs, feu Gilles Cantin, illustre membre de La Bottine Souriante, entretenait une relation particulière avec son oncle Lucien qui lui avait transmis la majorité de son répertoire. Plusieurs de ses chansons sont devenues célèbres grâce à la popularité des groupes La Bottine Souriante et La Famille Cantin. Qui ne connait pas la chanson Dans la grande côte, elle est montée ?

Un chanteur dynamique et habité

Littéralement habité et soulevé par ses chansons, il n’est pas rare de voir Lucien s’accompagner de quelques pas de gigue et de gestes venant soutenir ses propos. L’intensité du plaisir collectif partagé de la chanson est tellement élevée, qu’il termine souvent ses chansons par : « Hourra pour nous autres ! ». Ce rituel de fin de chanson lui provient de son frère Jean-Paul.

Passionné et aimant de la chanson traditionnelle, celle-ci fait toujours partie de son quotidien. Encore à 89 ans, Lucien Jetté chante le soir pour son propre plaisir.

À l’ère des nouvelles technologies et de notre société de consommation, possédez-vous ce luxe de vous auto divertir par les chansons héritées de nos « vieux » ? Il est encore temps d’aller à la rencontre d’hommes et de femmes d’exception comme Lucien Jetté, imprégnés d’une richesse à partager.

Par Philippe Jetté, médiateur du patrimoine vivant consultant pour le Centre du Patrimoine Vivant de Lanaudière, le 12 mai 2014.

Vidéo réalisée par son petit-fils Alex Jetté-Beauchamp.

Samedi dernier, j’ai eu l’honneur d’accompagner Jean-Claude Martial dans la transmission de trois chansons de son répertoire au Festitrad de la Ville de Saint-Gabriel. Cette nouveauté du festival a attiré pas moins de 25 curieux et passionnés de la chanson traditionnelle.

Bûcheron de métier, Jean-Claude Martial a entendu ses premières chansons de son grand-père Émile Desjardins. Ce dernier était le point d’attraction des veillées du jour de l’An avec ses chansons humoristiques.

Son père, Pierre-Lucien, chantait uniquement pour ses enfants. Il entamait En passant par les épinettes à chaque traversée du bois pour se rendre chez son frère ou au club de chasse et pêche de Mastigouche. Ils étaient entourés d’épinettes. Son oncle « Burt » (Gilbert Martial) est aussi une grande source d’inspiration.

La valeur de l’humour, transmise par son grand-père maternel, se ressent dans l’interprétation de ses chansons. Ses gestes, ses regards et ses émotions passent à travers ses chansons. Comme il le dit lui-même : « Je chante comme je suis. »

Jean-Claude apprend encore des chansons à l’occasion. « Quand qui en a un qui nous arrive avec une nouvelle chanson, on saute dessus, comme le miel sur le pauvre monde. On veut la savoir, c’est comme un trésor. »

Voici les trois trésors de Jean-Claude Martial transmis avec grande générosité au Festitrad. Télécharger les paroles en cliquant sur le titre des chansons.

Le laboureur lui provient de Paméla Saint-Jean, la fille de son cousin Ernest. Elle la tenait de son père de Mandeville. Pour Jean-Claude, le laboureur a choisi sa vie dans cette chanson. Il vit sur sa terre avec sa femme : « Mais moi, je reste ici avec ma jolie femme ». C’est une mise en garde, poliment. Je tiens à préciser qu’il s’agit d’une chanson traitant, à l’origine, de viol.

Jean-Louis Roy a enregistré une veillée du jour de l’An de sa belle-famille en 1978. La petite Joséphine était chantée sur cet enregistrement par Rachel Bergeron. À l’écoute, Jean-Claude est immédiatement tombé en amour avec cette charmante chanson à double sens.

Une rencontre inattendue au CLSC avec sa tante Vitaline a permis à Jean-Claude d’apprendre une chanson grivoise de son grand-père Desjardins : Relève ta culotte. Perception de Jean-Claude au sujet de la chanson : « Les jeunes filles, c’était difficile de les empêcher d’aimer. Dans ce temps-là, ce n’était pas d’éduquer les enfants, mais de les contrôler. Ça ne marchait pas. On ne peut pas empêcher un cœur d’aimer. »

Philippe Jetté présentera Le chant du ruisseau (traditions orales de la Nouvelle-Acadie) dans les neuf bibliothèques de la MRC de Montcalm en 2018. Cette conférence-spectacle participative met en valeur la richesse du patrimoine orale de la Nouvelle-Acadie (quatre villages de Lanaudière fondées par des Acadiens de la déportation). Les dates de la tournées seront connues dans les prochaines semaines.

Seul avec sa voix, ses pieds et son accordéon, Philippe Jetté convie la population à découvrir l’histoire de son coin de pays par ses traditions musicales. Il propose la découverte des chanteurs et des musiciens issus de la tradition orale de sa communauté, la Nouvelle‑Acadie. C’est à travers leur répertoire que le public prendra conscience de la richesse collective de ses traditions. De plus, il invite l’assistance à participer en répondant aux chansons, en dansant, mais aussi en partageant leur répertoire familial et leurs souvenirs.

Intervenant en traditions vivantes, Philippe Jetté voit son rôle d’artiste dans sa communauté comme celui de relayeur, d’intermédiaire entre les porteurs de traditions et la population. Son but est de mettre en valeur la richesse collective de la Nouvelle‑Acadie ainsi que les gens qui la portent et la transmettent.

Le projet d’animation des bibliothèques de la MRC de Montcalm est issu de l’entente de développement culturel entre le ministère de la Culture et des Communications et la MRC de Montcalm. Quatre projets ont été retenus dans le cadre de ce premier appel de projets. Les candidatures ont été annoncées lors d’une conférence de presse dévoilant la nouvelle Politique culturelle de la MRC de Montcalm et l’entente avec le ministère permettant d’injecter un investissement de 120 000 $ en culture sur trois ans.

Le temps des Fêtes nous ramène aux traditions. Les rassemblements sont souvent accompagnés de plats traditionnels afin de les partager avec nos invités. Dans ma famille, une corvée de nourriture est réalisée, dans le plaisir, par mes tantes en vue du réveillon de Noël. Je vous partage deux recettes traditionnelles familiales transmises par mes tantes : les Rêves dorés et la Bagatelle. Ces deux desserts sont un héritage de ma grand-mère Thérèse Jetté.

RÊVES DORÉS (carrés au sirop d’érable)

INGRÉDIENTS

Base :

  • 1 ½ tasse de farine tout usage;
  • ¼ tasse de cassonade pressée;
  • ½ tasse de beurre mou.

Garniture :

  • 2/3 tasse de cassonade pressée;
  • 1 tasse de sirop d’érable;
  • 2 œufs battus;
  • 2 c. à table de farine tout usage;
  • ¼ c. à thé de sel;
  • ½ c. à thé de vanille;
  • 1 tasse de pacanes ou de noix de grenoble hachées.

MODE DE PRÉPARATION

  • Mélanger la farine et la cassonade. Incorporer le beurre jusqu’à texture granuleuse;
  • Presser cette préparation dans un moule en pirex beurré de 9″ x 13″. Cuire à 350 °F durant 15 minutes. Retirer du four, mettre de côté;
  • Mélanger la cassonade et le sirop d’érable dans une casserole. Amener à ébullition et laisser mijoter 5 minutes. Verser ce sirop sur les œufs battus en remuant constamment. Ajouter les autres ingrédients sauf les noix;
  • Verser la garniture sur la base partiellement cuite;
  • Parsemer de noix hachées;
  • Cuire à 350 °F durant 25 minutes;
  • Refroidir et tailler en carrés.

Cuisinons la bagatelle à Thérèse ! [1]

INGRÉDIENTS

  • Restant de gâteau, de biscuits cassés ou de biscuits Village;
  • 2 tasses de lait;
  • 2 grosses cuillères à table (soupe) de fécule de maïs;
  • 2 jaunes d’œufs;
  • 1/3 de tasse de sucre.
  • Extrait de vanille artificiel

MODE DE PRÉPARATION

  • Disposer un rang de morceaux de gâteau ou casser des biscuits Village dans un plat;
  • Séparer les jaunes d’œuf des blancs d’œufs;
  • Battre les jaunes d’œufs avec le sucre;
  • Chauffer le lait à feu moyen et ajouter la fécule de maïs délayée dans 2 cuillères à table d’eau froide;
  • Cuire de 8 à 12 minutes;
  • Incorporer les jaunes d’œufs, battus avec le sucre;
  • Ajouter quelques gouttes de vanille;
  • Verser le mélange sur les biscuits ou les gâteaux et laisser refroidir;
  • Décorer la bagatelle à vote goût (facultatif).

Régalez-vous !

[1] Thérèse Jetté (1920-2006) est née au Ruisseau Saint-Georges à Saint-Jacques le 6 août 1920. Elle a transmis sa recette de bagatelle, héritée de sa mère, à sa fille Pierrette Jetté qui l’a transmise à son tour à sa sœur Francine et à son neveu Philippe Jetté.

Le 5 décembre dernier, plus d’une cinquantaine de participants au projet culturel Pour la suite du geste… rassemblons-nous! et de nombreux élus se sont réunis à la Municipalité régionale de comté (MRC) de D’Autray, lors d’une soirée festive et remplie d’émotions afin de souligner la fin de la première phase de l’initiative.

L’objectif de cette rencontre était de rassembler les apprentis artisans et leurs mentors afin de célébrer et de récompenser leurs efforts et leurs persévérances, mais aussi d’obtenir l’opinion des participants sur ce qui a été accompli jusqu’à présent et de connaître leurs attentes pour la prochaine phase du projet. L’exposition de leurs œuvres, dans le cadre d’un concours, a permis de constater la réussite du projet.

« Tout au long de la soirée, la fierté, la satisfaction et l’émotion étaient palpables, tant pour les transmetteurs de savoir-faire que pour les apprentis. L’impact du projet sur la collectivité est incontestable », a expliqué Mme Marie-Julie Asselin, agente de développement culturel de la MRC, en réaction à l’activité.

Théo Coutu (7 ans) et Chantal Hénault entourés de leur mentor Jean-Louis Roy et des porteurs du projet, Philippe Jetté et Marie-Julie Asselin.

« C’était beau de voir la reconnaissance des apprentis envers leurs mentors pour la passation de leur geste, de leur tradition », a quant à lui exprimé, M. Philippe Jetté, chargé de projet pour la MRC.

À la suite d’une période de votes fort populaire, le compte a mené à un résultat ex æquo pour deux oeuvres. Chacune issue des ateliers de gossage de cups présentés à Mandeville. Théo Coutu, âgé de 7 ans, benjamin d’une famille dont tous les membres ont participé aux ateliers, et dont l’arrière-grand-père pratiquait le savoir-faire ainsi que Chantal Hénault, pour sa cup originale prenant la forme d’une main, sont les lauréats du prix Coup de cœur. Une dizaine de prix supplémentaires ont été distribués parmi les artisans apprentis et expérimentés.

« Je souhaite absolument livrer ma gratitude à nos porteurs de savoir-faire, vous qui avez vulgarisé votre expertise assurant ainsi sa transmission et sa pérennité », a mentionné, Mme Jacinthe Brissette, membre du comité culturel de la MRC et conseillère de la municipalité de Lanoraie, avant la remise.

En prélude de l’activité a eu lieu une rencontre du comité de suivi du projet. Ses membres ont effectué un bilan de la première phase et ont exprimé leur vision de la possible suite de l’initiative. D’ici à ce que les décisions soient rendues, la population d’autréenne pourra approfondir ses connaissances sur le fléché, le tissage et le gossage de cups en visitant les bibliothèques du territoire qui accueilleront à tour de rôle le Coffre des savoir-faire d’autréens.

De plus, il sera possible d’y consulter les trois documentaires présentant les particularités de ces techniques ancestrales, dont la réalisation a été assurée par la documentariste Iphigénie Marcoux-Fortier, originaire de Saint-Norbert.

Ces capsules audiovisuelles peuvent être consultées en tout temps sur le site Internet de la MRC au www.mrcautray.qc.ca, au www.culturepatrimoineautray.ca, sur YouTube ou La Fabrique culturelle.

Pour la suite du geste… rassemblons-nous! est réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Québec et de la MRC de D’Autray dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel 2017. Philippe Jetté, médiateur culturel et intervenant en traditions vivantes, assure une collaboration.

Les transmetteur(ses) du projet Pour la suite du geste… rassemblons-nous ! entourés des chargés de projet.

Les gagnants du prix Coup de coeur avec leur mentor Jean-Louis Roy ainsi que Philippe Jetté et Marie-Julie Asselin, porteurs du projet.


En 2011, je pars, dans Lanaudière, à la rencontre de joueurs d’accordéon. Mon but est de recueillir le répertoire pratiqué, d’analyser les techniques de jeux et de m’imprégner de leur style. Évidemment, je désire partager mes découvertes ! Ma route m’amène à Saint-Lin-Laurentides chez un musicien hors pair, M. Maurice Beauchamp.

Maurice Beauchamp le 30 septembre 2011.

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Le temps des Fêtes et des partys de bureau approche à grand pas. Le téléphone sonne pour des Soirées canadiennes « nouveau genre ». Je demande aux organisateurs ce qu’ils entendent par « nouveau genre ». La discussion m’amène à m’exclamer : « Ah ! Vous voulez une veillée de danse ! » J’explique aux organisateurs qu’un câlleur, accompagné d’un ou de  quelques musiciens, peut animer leur party de Noël des employés en faisant danser des « sets carrés » à leur équipe de travail.

Il est même possible de faire répondre vos collègues à des chansons de tradition orale interprétées par l’équipe d’animation. Et pourquoi pas leur faire apprendre des chansons à répondre et de faire un tour de chant au lieu d’un tour de table !

Un peu d’histoire

Louis Bilodeau et les participants à l’émission Soirée canadienne. Source : Prise2.tv.

La Soirée canadienne était une émission hebdomadaire animée par Louis Bilodeau entre 1960 et 1983 sur les ondes de Télé-7 (CHLT – Sherbrooke) et de Télé-Métropole. Elle mettait en valeur les chanteurs, les danseurs et les gigueurs de différentes municipalités québécoises. Le curé, le maire et les aînés du village étaient aussi des personnages importants grâce aux entrevues de M. Bilodeau. Soirée canadienne avait pour décor une maison canadienne typique dans le but de recréer l’univers des veillées d’antan.

La Soirée canadienne a joué un rôle prépondérant dans la diffusion du folklore québécois. Par contre, l’émission a figé une fausse conception de la tradition dans l’imaginaire collectif des Québécois.

La participation et le plaisir avant tout !

La Soirée canadienne « nouveau genre » propose de défaire l’image stéréotypée de la tradition en enlevant le décor et les costumes pour vivre une expérience contemporaine du folklore québécois.

La danse traditionnelle permet de rencontrer et de socialiser avec ses collègues autrement et sans jugement dans une ambiance festive où le plaisir prime d’abord et avant tout. La participation recherchée élimine toute forme de performance. L’énergie créée par la musique folklorique soulèvera vos invités.

Attention, la transe est permise et même souhaitée !

La première saison de « Chasse aux cups » s’est avérée très prolifique à Mandeville. Les trophées de chasse ont même orné le capot du camion du groupe de chasseurs.

Chasseurs de cups

Le groupe de dix-huit chasseurs a récolté huit belles cups (loupes de bouleau) dans les bois de Mandeville le 22 octobre dernier. Certaines grosses bêtes ont été laissées dans la nature pour revenir les traquer avec un plus gros calibre. Les loupes recueillies serviront aux ateliers de « gossage de cup » (sculpture d’une tasse en bois) ayant lieu les trois premiers samedis de novembre à Mandeville.

Les guides de chasse, Jean-Louis Roy et Jacques Martial, ont appris aux chasseurs à identifier et à extraire une cup d’un bouleau blanc. M. Roy observe que 95 % du temps, les cups se dénichent au pied de l’arbre et 5 % se trouvent sur le tronc. Selon lui, un bouleau sur deux offre une loupe aux gosseux.

Pitons et racinettes sur la loupe

Plusieurs signent nous amènent à reconnaître une cup :

  • Bosse (noeud) sur l’arbre ou au pied de l’arbre, aussi appelée téton;
  • Racinettes sur la loupe;
  • Pitons sur la cup.

La « Chasse aux cups » a été déclarée ouverte par la MRC de D’Autray, le 16 septembre 2017, dans le cadre de son projet de mise en valeur et de transmission de savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel Pour la suite du geste… rassemblons-nous ! Les citoyens du territoire sont invités à appréhender les cups et à rapporter leurs trophées de chasse au bureau de la MRC.

Trophées de chasse

Étapes suivant la chasse

Il est bien important de conserver la cup humide après la quête. Il est conseillé de la mettre dans un sac de plastique avec de la mousse de savane et un peu d’eau. Le trophée est ensuite découpé à l’aide d’une scie à ruban ou à l’égoïne avant d’être déshabiller (enlever l’écorce) à la gouge. Le gossage de la cup s’ensuit avant d’être sablée et vernis.

Outils de chasse

  • Hache;
  • Sciotte;
  • Petite pelle ou pic;
  • Scie mécanique.

La chasse en images et en vidéos



Film

Visionnez le film Le gossage de cups de la série documentaire Pour la suite du geste… afin d’en savoir davantage sur ce savoir-faire traditionnel.

Recette traditionnelle :

Savon de pays[1]

Cette recette a été colligé par Philippe Jetté dans le cadre de l’atelier de transmission de savoir-faire Fabriquons du savon de pays avec Line Marion présenté par la Ville de Joliette, en collaboration avec Philippe Jetté, le 18 octobre 2017 au Musée d’art de Joliette. Line Marion était accompagnée, pour l’occasion, par la donatrice de sa recette, Mme Georgette Arbour-Baillargeon.

Ingrédients

  • 2 litres de graisse animal[2].
  • 5 tasses d’eau froide.
  • 1 tasse d’hydroxyde de sodium (caustic).

Accessoires

  • 1 bol de vitre.
  • 1 cuillère de bois.
  • 1 plat en gré ou 1 chaudron.
  • 1 spatule.
  • 1 tasse à mesurer en vitre.
  • 2 plats rectangulaires en plastique (environ 9 pouces x 12 pouces).
  • 1 gant pour verser le sodium.
  • 1 tamis en métal.

Directives

  • Conserver le gras animal au congélateur.
  • Nettoyer la graisse en la mettant dans un chaudron sur le feu à intensité moyenne jusqu’à ce qu’elle devienne liquide.
  • Couler la graisse dans un tamis en métal.
  • Mettre le bol de vitre dans l’évier et ouvrir la fenêtre ou se mettre à l’extérieur pour cette étape.
  • Verser cinq tasses d’eau froide.
  • Verser une tasse de caustic doucement en faisant attention de ne pas respirer les vapeurs du produit.
  • Brasser le tout avec une cuillère de bois pour bien mélanger le caustic avec l’eau. Attention, plus on mélange, plus la chaleur augmente.
  • Attendre que le mélange tiédisse (environ 50o C).
  • Vider la graisse, à l’aide d’une spatule, dans le chaudron ou le plat de gré.
  • Verser le mélange de caustic et d’eau avec la graisse.
  • Brasser le tout de 10 à 15 minutes.
  • Passer les deux plats de plastique sous l’eau froide, sans les essuyer, pour empêcher le savon de coller.
  • Vider le tout dans les deux plats de plastique sans couvercle.
  • Laisser refroidir pendant deux jours.
  • Vérifier, après deux jours, si le savon est assez solide pour le tailler[3].
  • Tailler le savon en carré ou en rectangle, selon votre choix.
  • Laisser durcir et reposer un mois le savon avant son utilisation (période de saponification)[4].

Utilités

  • Détacher les vêtements[5].
  • Laver les pinceaux et les rouleaux de peinture.
  • Laver les mains[6].
  • Nettoyer les plancher de bois.
  • Traiter l’acné.

[1] Line Marion détient cette recette de savon de pays de la tante de son mari, Mme Georgette Arbour-Baillargeon de Saint-Côme. Cette dernière l’a hérité d’une dame Mailloux. La recette donne environ 40 barres de savon.

[2] Tous les gras animal : graisse de rôti, de poulet et de bacon.

[3] Si le savon devient trop dur, il s’égrainera lors du taillage.

[4] « Plus il est dur, meilleur qu’il est ! »

[5] On peut même mettre des grenailles de savon dans le lavage.

[6] Assèche moins qu’un savon ordinaire.

Étapes de la recette en photos


Le mercredi 11 octobre 2017 avait lieu un atelier de transmission de savoir-faire portant sur les remèdes de grands-mères au Musée d’art de Joliette. L’activité, présentée par la Ville de Joliette, proposait un moment privilégié pour partager collectivement ses remèdes et ses trucs de grands-mères. Mme Madeleine Marion, une grand-mère d’expérience, était l’invitée d’honneur de cet atelier animé par Philippe Jetté, intervenant en traditions vivantes et chargé de projet pour la ville.

Les remèdes et les trucs présentés par Mme Madeleine Marion sont disponibles ci-dessous ainsi que ceux partagés par les participants à l’atelier, en plus de remèdes colligés par Philippe Jetté.

Et vous, quels remèdes traditionnels utilisez-vous pour vous soignez ?

Remèdes et trucs de Mme Madeleine Marion (88 ans) de Saint-Côme[1]

Bosse – fronde (furoncle)

  • Apposer, pendant 2 à 3 h, un cataplasme de patates pilées chaudes avec un peu de lait chaud sur la fronde (bosse);
    • Source : sa grand-mère, Mme Euclide Gauthier.
  • Mettre une goutte d’essence de vanille pour éviter d’avoir une bosse après s’être cogné.

Calmer les enfants avant de se coucher

  • Boire un verre de lait.

Cire dans l’oeil du bébé

  • Tremper une ouate dans du lait tiède et éponger l’œil. Laissez couler le surplus sur le côté de l’œil.

Constipation (aussi pour les montées de lait et nettoyer l’organisme)

  • Mettre 1 c. à soupe de sel à médecine dans un petit verre d’eau et le boire.

Contractions, provoquer les

  • Monter et descendre les escaliers.

Digestion

  • Préparer et boire un rince-cochon.
    • 1 c. à thé de bicarbonate de sodium (petite vache) dans un verre d’eau et ajouter 2 c. à soupe de sucre blanc et ajouter 1 à 2 c. à soupe de vinaigre blanc. Attention, le vinaigre gonfle vite, donc boire le rince-cochon rapidement.

Écharde

  • Faire un pansement avec de l’Osmopak (disponible en pharmacie);
  • Appliquer, pendant 1 h, un pansement avec une couenne de lard salé pour enlever l’écharde.

Engelure

  • Passer sous l’eau froide pour ne pas dégeler trop rapidement.

Excitation (enfants)

  • Boire un verre de lait pour calmer les enfants avant de se coucher.

Fatigue

  • Tonique de brandy
    • ¼ de verre de brandy et ajouter du lait jusqu’au demi-verre. Boire une fois par jour (le matin).
  • Tonique de Porter
    • ¼ de verre de Porter (bière). Boire deux fois par jour (midi et soir), seulement en hiver. Très bon pour la santé.

Feu sauvage

  • Passer le petit doigt dans la vitre givrée, ensuite passer le petit doigt sur le feu sauvage.

Grippe

  • Appliquer, pendant 15 à 30 minutes, une mouche de moutarde sur la poitrine pour dégager les sinus.
    • Diluer 1 c. à soupe de moutarde sèche et 1 c. à soupe de farine avec de l’eau tiède pour obtenir une consistance onctueuse. Badigeonner la préparation sur une pièce de coton et recouvrir le mélange d’une autre pièce de coton [certaines personnes utilisent du papier journal ou du papier ciré au lieu ].

Hoquet

  • Prendre par surprise la personne en lui mettant 1 c. à soupe d’eau froide sur la langue;
  • Boire un verre d’eau à l’envers avec un papier essuie-tout.

Infection : clou rouillé dans le pied et écharde

  • Faire un pansement avec une couenne de lard salé pour enlever l’infection;
  • Faire un pansement avec de l’Osmopak (disponible en pharmacie).

Insomnie (bébé)

  • Mélanger, dans une cuillère, une goutte de confiture à une goutte d’huile d’olive pour calmer le bébé.

Mal d’oreille

  • Mettre une goutte de peroxyde dans l’oreille.

Mal à l’estomac

  • Boire un verre de lait froid.

Maux de dents

  • Ajouter de la fécule de maïs dans la couche du bébé pour enlever l’humidité et pour guérir les plaies.
    • Source : sa mère et sa grand-mère.

Menstruation, réduire les – « Quand ça marchait trop. »

  • Boire un blanc d’œuf cru avec un peu de poivre pour favoriser la coagulation. Recette transmise par sa grand-mère.
    • Source : sa grand-mère.

Montées de lait

  • Mettre 1 c. à soupe de sel à médecine dans un petit verre d’eau et le boire.

Muscles : douleurs et enflures

  • Faire fondre du beurre (tiède) jusqu’à ce qu’il tourne au brun, mais pas brûlé, ensuite ajouter une goutte de vinaigre blanc et mettre l’onguent dans un linge blanc ou des essuie-tout. Frotter la partie douloureuse.

Organisme, nettoyer l’ – « Se nettoyer le système »

  • Mettre 1 c. à soupe de sel à médecine dans un petit verre d’eau et le boire. Prendre au trois mois.

Picote

  • Appliquer une mouche (cataplasme) de cendre sur les zones infectées.

Piqûre de guêpe

  • Mélanger 2 c. à soupe d’eau de Javel La Parisienne dans de l’eau tiède. Tremper la partie exposée de votre corps dans la solution pour déloger le dard et désinfecter;
  • Frotter la piqûre avec du sable pour enlever le dard. Truc transmis par sa grand-mère.
    • Source : sa grand-mère.

Poussière dans l’œil

  • Mettre 2 à 3 graines de lin directement dans l’œil, fermer la paupière et rouler l’œil. Le corps étranger est poussé en dehors de l’œil. Les graines de lin sortent facilement au coin de l’œil.

Rhume

  • Préparer un bain vapeur (ponce de gin) avec de l’eau chaude, du miel et du gin De Kuyper.
    • Mettre une serviette sur la tête et respirer la vapeur, quelques bouffées à la fois, pour dégager les voies respiratoires.
      • Source : son frère.
    • Appliquer une mouche de moutarde sur la poitrine, pendant 15 minutes, pour dégager les sinus.
      • Diluer 1 c. à soupe de moutarde sèche et 1 c. à soupe de farine avec de l’eau tiède pour obtenir une consistance onctueuse. Badigeonner la préparation sur une pièce de coton et recouvrir le mélange d’une autre pièce de coton.

Saignement de nez

  • Appliquer une débarbouillette d’eau froide sur le nez.

Sang, arrêter le

  • Appliquer une compresse d’eau froide sur la plaie.

[1] Philippe Jetté et la Ville de Joliette tiennent à remercier Pierre Bertrand pour avoir accompagner et colliger les remèdes de sa grand-mère, Mme Madeleine Marion.

Remèdes partagés par les participants de l’atelier 

Accouchement : prévenir les cicatrices et garder la peau souple

  • Appliquer, dès le début de la grossesse, de l’huile d’amandes douces sur le ventre, les hanches et les fesses pour prévenir les cicatrices et garder la peau souple.
    • Source : Pierre Bertrand, petit-fils de Madeleine Marion.

Asthme

  • Mettre 2 à 3 goutes d’huile essentiel de menthe poivré.

Bleus

  • Appliquer de l’extrait de vanille.

Bobo qui perdure

  • Tremper le bobo (aller-retour rapide) jusqu’à temps que tu sois capable de le laisser tremper longtemps.
    • Mettre 2 c. à soupe d’eau de Javel La Parisienne dans de l’eau bouillante.
      • Source : Marie-Claude Breault. Appris de son oncle médecin.

Cire dans les oreilles, accumulation

  • Mettre de l’huile d’olive ou de l’huile d’amande dans l’oreille.

Constipation

  • Boire du jus de pruneau;
  • Boire une bouteille d’eau de plus par jour.

Contractions, provoquer les

  • Prendre des tisanes (décoction) de feuilles de framboisier un mois avant d’accoucher. Cela facilite aussi la sortie du bébé;
  • Faire du cheval.

Digestion (ou nausées)

  • Boire une tisane de racine de gingembre frais et chiquer la racine.

Écharde

  • Appliquer de la glaise ou de la Vaseline;
  • Apposer un pansement de gomme de pin pour enlever une écharde profonde sous l’ongle. Le tout cicatrisera. Enlever la gomme de pin à l’aide de beurre.
    • Appris de son père.

Engelure

  • Mettre les pieds ou les mains gelés dans la neige;
    • Source : Marie-Claude Breault, originaire de Rawdon.
  • Mettre du poivre dans les bottes pour prévenir les engelures aux pieds.

Hémorragie

  • Mettre de la farine;
  • Mettre du poivre.

Entorse lombaire ou à la cheville

  • Appliquer, quinze minutes de trois à quatre fois par jour, de l’huile de ricin et de Liniment Minard (moitié-moitié) directement sur la douleur. Enrober la préparation de Saran Wrap et mettre une serviette par-dessus pour ne pas tacher les vêtements.
    • Source : Marie-Claude Breault. Appris d’un ramancheur.

Fatigue

  • Prendre une once de Porto par jour.

Feu sauvage

  • Souffler dans la vitre givrer;
    • Source : sa mère.
  • Appliquer de la pâte à dent sur les feux sauvages;
  • Imbiber le feu sauvage à l’aide d’une rondelle de citron quelques fois par jour;
  • Mettre du camphre.

Grippe

  • Boire une ponce de gin.
    • Faire chauffer du miel avec de l’eau et du jus d’orange, rajouter du jus de citron et du gin. [Marie-Claude Breault ajoute de la cannelle pour donner du goût.]
      • Philippe Jetté tient cette recette de son père Normand, du Ruisseau Saint-Georges à Saint-Jacques.

Hoquet

  • Boire un verre d’eau à l’envers;
  • Poser une question faisant réfléchir. La respiration se stabilise grâce à la réflexion. Ex. : « Comment t’étais habillé à Noël l’année passée ? »
    • Apprise dans sa famille.
  • Mettre du sucre dans une cuillère avec un peu d’eau et boire.
    • Apprise de sa mère.

Insomnie

  • Prendre du jus de cerise quelques heures avant de se coucher;
  • Enlever les couvertures, ouvrir la fenêtre pour se laisser grelotter de 10 à 15 minutes et se recouvrir. « La chaleur nous endorme »;
  • Prendre une douche froide avant de dormir;
  • Mettre une gousse d’ail sous l’oreiller.

Mal d’oreille

  • Mettre un sac de chaleur ou une bouillote sur l’oreille pendant 20 minutes;
  • Souffler de la fumée de cigarette dans l’oreille;
  • Appliquer une ouate avec du camphre chaud sur l’oreille.

Mal à l’estomac

  • Boire un verre d’eau glacé;
  • Mettre un linge chaud sur l’estomac durant la nuit.

Maux de tête

  • Mettre des tranches de patates sur le front.

Menstruations (douleurs)

  • Prendre une bonne coupe de vin chaud.

Nausées

  • Boire une tisane de racine de gingembre frais et chiquer la racine.

Oeil au beurre noir

  • Apposer une tranche de steak sur l’œil.

Picote

  • Prendre un bain avec de la cendre ou de la « petite vache » ou des flocons d’avoine (gruau) pour calmer les démangeaisons. Éponger le corps avec une serviette à la sortie du bain;
  • Appliquer de la « petite vache » (bicarbonate de soude) mélangée avec de l’eau (formant une bouette) sur les zones infectées pour calmer les démangeaisons.

Piqûre de guêpe

  • Appliquer de l’argile sur les piqûres. Très efficace.

Rhume

  • Mettre du Vicks dans de l’eau bouillante pour qu’elle devienne épaisse, approcher la figure le plus possible du mélange et respirer pour dégager les sinus;
  • Mettre du camphre dans de l’eau chaude et respirer pour dégager les voies respiratoires;
  • Boire une ponce de gin.
    • Faire chauffer du miel avec de l’eau, rajouter du jus d’orange ou du jus de citron et du gin. [Marie-Claude Breault ajoute de la cannelle pour donner du goût.]
      • Philippe Jetté tient cette recette de son père Normand, du Ruisseau Saint-Georges à Saint-Jacques.

Autres remèdes et trucs colligés par Philippe Jetté

Bosse

  • Mettre un cent (1 cenne noire) sur la bosse.
    • Source : Line Marion, de Saint-Côme.

Coupure (ou blessure mineur)

  • Appliquer de l’onguent à pie de vache.
    • Source : Mélanie Boucher, originaire de Saint-Jacques.

Digestion

  • Faire bouillir l’intérieure d’écorce d’orme rouge. Prendre un petit verre tous les jours tout dépendamment de la gravité du problème.
    • Source : Denyse à Charles-Émile Forest, originaire du Grand rang de Saint-Jacques. Remède transmis par sa mère.

Insomnie

  • Boire du lait chaud.
    • Source : Mélanie Boucher, originaire de Saint-Jacques.

Montées de lait

  • Faire bouillir des feuilles de choux et les mettre sur les seins pour désengorger le lait.
    • Source : Mélanie Boucher, originaire de Saint-Jacques.

Orgelet

  • Tremper de la mie de pain dans du lait chaud et appliquer sur l’orgelet;
  • Appliquer une compresse d’eau chaude sur l’orgelet;
  • Frotter l’orgelet avec une bague en or.

Picote

  • Appliquer de la « petite vache » (bicarbonate de soude) mélangée avec de l’eau (formant une bouette) sur les zones infectées pour calmer les démangeaisons.
    • Source : Ginette Brisson, mère de Philippe Jetté, de Saint-Jacques.
  • Prendre un bain avec de la « petite vache » (bicarbonate de soude) pour calmer les démangeaisons. Éponger le corps avec une serviette à la sortie du bain.
    • Source : Ginette Brisson, mère de Philippe Jetté, de Saint-Jacques.

Rhume

  • Ébouillanter de l’herbe à dindes et préparer une « concoction » avec de la menthe. Boire lors d’un gros rhume en hiver.
    • Source : Denyse à Charles-Émile Forest, originaire du Grand rang de Saint-Jacques. Remède transmis par sa mère.

Toux

  • Miel dans de l’eau chaude.
    • Source : Mélanie Boucher, originaire de Saint-Jacques.

Ulcères sur les gencives ou à l’intérieur des joues

  • Mâcher de la racine de savoyane.
    • Récolter la savoyane dans les milieux humides sur le bord de ruisseaux. Laissez sécher la racine avant de la mâcher;
    • Les ulcères dans la bouche sont causés par des problèmes digestifs.
      • Source : Denyse à Charles-Émile Forest, originaire du Grand rang de Saint-Jacques. Remède transmis par sa mère.