Radio Renard a rencontré Philippe Jetté et Mélanie Boucher pour réaliser un épisode sur les « Jeux et comptines d’enfance ». Un épisode rempli de sujets très sérieux comme la marelle et l’élastique. Dans cet épisode, on parle aussi de l’importance des traditions vivantes et des façons de les valoriser dans notre quotidien.
Radio renard explore le mouvement sous toutes ses formes avec des experts de tous les domaines. Les discussions sont également disponibles en format podcast sur BaladoQuébec, Apple, Google, Spotify, Stitcher et YouTube.
Ça fait des mois que l’équipe de Renard cherche à comprendre comment retrouver, préserver et partager les jeux de notre enfance (les plus difficiles à retrouver sont ceux avec des comptines ). Ils étaient heureux de s’entretenir avec Mélanie et Philippe, des experts du sujet!
Mélanie est une chanteuse lanaudoise, membre du groupe Les pas couchables et présidente de Tradons. Elle a aussi créé le camp de jour La P’tite semaine trad et anime des ateliers jeunesse pour partager des chansons, danses et jeux traditionnels. Son nouveau projet de recherche et de création porte sur la chanson traditionnelle de l’enfance, surtout celle qui accompagne la danse et le jeu.
Philippe est médiateur du patrimoine vivant, chanteur, accordéoniste et tapeux de pieds. Il collectionne et partage des éléments issus de la tradition orale québécoise et de la Nouvelle-Acadie : chansons, airs de musique, contes, danses, légendes, surnoms…
Le podcast – radio renard – est disponible sur toutes les plateformes de baladodiffusion.
La version vidéo et les notes sont aussi accessibles sur le site de Radio Renard : https://bit.ly/3rjNR9O.
https://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2021/04/Podcast-Renard.jpg12541880Traditions vivanteshttps://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2017/01/LOGO-SITE-300x138.pngTraditions vivantes2021-04-01 13:53:302022-09-12 11:32:02Podcast sur les jeux et comptines d’enfance avec Philippe Jetté et Mélanie Boucher
Les élèves de 5e année de l’École primaire Saint-Joseph de Saint-Liguori ont partagé, à Philippe Jetté, plus de 20 expressions en une période le 30 mars 2021. Ces expressions proviennent en grande majorité de leurs parents. En voici une liste.
EXPRESSION
Signification / Contexte ou occasion d’utilisation
Prénom (élève)
Nom (élève)
Apprise de qui
On n’engraisse pas les cochons à l’eau claire.
Se dit lorsqu’on reprend un aliment tombé sur le plancher et qu’on le mange.
Sédrick
Bédard-Audet
Linda Laferrière, sa grand-mère
D’ la marde pis des patates
Se dit lorsqu’on demande « Qu’est-ce qu’on mange ? »
Arnaud
Dulong
Josiane Tellier, sa mère
Être merdeux
Être chanceux.
Ludovick
Dansereau
Annie Mirandette, sa mère
Maudit colon
Être niaiseux, niais.
Lambert
Dumont
Saint glinglin des meumeux
Très loin. « C’est à Saint glinglin des meumeux. »
Rosalie
Noël
Dans l’ cul d’ la reine d’ l’autre d’ la mer
Quand je demande à ma mère où est mon beau-père, elle me répond par cette expression.
Sédrick
Bédard-Audet
Natacha Audet-Laferrière, sa mère, qui tient cette expression de sa mère Linda.
Mange ta main pis garde l’autre pour demain
Quand je dis à mon père que j’ai faim, il me dit cette expression.
Emerik
Ducharme
Pierre-Luc Ducharme, son père
Mange ton pied pis garde l’autre pour danser
Quand je dis à mon père que j’ai faim, il me dit cette expression.
Lambert
Dumont
Sa grand-mère et toute sa famille
L’heure de t’acheter une montre.
Se dit lorsque quelqu’un demande l’heure.
Alexanne
Gaudet
Des bines avec du poil.
Mon père me dit cette expression quand je lui demande : « Qu’est-ce qu’on mange pour souper ? »
Marianne
Jubinville
Alexandre Jubinville, son père
Il fait noir comme dans l’ cul d’un singe.
Se dit quand il fait noir.
Arnaud
Dulong
Martin Dulong, son père
Sale comme une sous à cochon
Endroit malpropre ou en désordre. « Ta chambre est sale comme une soue à cochon. »
Eugène
Keable-Préfontaine
Stéphanie Bessette, sa mère
Dans ton cul au fond à droite
Quand tu cherches un objet et que tu demandes à quelqu’un s’il ne l’a pas vu, il te répond par cette expression.
Ludovick
Dansereau
J’ai une faim de loup.
Avoir très faim.
Henry
Nantel
Éric Nantel et Andréanne Macameau, ses parents
Il pleut comme le yâbe.
Se dit quand il pleut beaucoup.
Henry
Nantel
Éric Nantel, son père
Le diable est enragée.
Se dit quand il pleut beaucoup et qu’il tonne.
Sédrick
Bédard-Audet
Natacha Audet-Laferrière, sa mère
Il pleut des cordes
Se dit quand il pleut beaucoup.
Lambert
Dumont
Ses parents
Il pleut comme des balles de golf.
Se dit quand il grêle.
Zack
Bissonnette
Robert Bissonnette, son grand-père
Dieu y pleure.
Se dit quand il pleut.
Henry / Arnaud
Nantel / Dulong
Leurs parents
Celui qui va à la chasse, perd sa place.
Se dit quand une personne quitte sa place et revient, il perd sa place pour s’asseoir.
Zachary
Jobin
À l’école
Manger un char de marde
Se faire gronder.
Alexanne
Gaudet
Réginald Staffort, son papi
Et vous, quelles sont vos expressions familiales ?
https://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2021/02/1200x630.jpg6301200Traditions vivanteshttps://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2017/01/LOGO-SITE-300x138.pngTraditions vivantes2021-03-31 20:48:282021-04-15 13:26:57Expressions de la classe de 5e année
https://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2021/01/Une-ecole-accueille-un-artiste-St-Liguori.jpg12001950Traditions vivanteshttps://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2017/01/LOGO-SITE-300x138.pngTraditions vivantes2021-01-18 16:00:352021-01-18 17:17:48Philippe Jetté en résidence pour un projet collectif à l’école de Saint-Liguori
Mélanie Boucher, collaboratrice au projet « Chansons et réflexions intimes, dans un salon ouvert ! », travaille actuellement sur un nouveau projet de médiation culturelle. Ce projet novateur porte sur la chanson traditionnelle de l’enfance, surtout celle qui accompagne la danse et le jeu. Il s’inscrit parfaitement dans la continuité des objectifs de transmission de la tradition orale du camp de jour « La P’tite semaine trad » et des ateliers jeunesse de Tradons, des conceptions de madame Boucher ayant profité à des familles québécoises de Lanaudière et d’ailleurs (Montérégie, Estrie, Côte-Nord, etc.) depuis 2017.
« Créations artistiques et transmission identitaire grâce aux chansons de l’enfance » est un projet de recherche, de documentation et d’exploration de la chanson traditionnelle de l’enfance dans des fonds d’archives du Québec, des ouvrages de références et auprès de la collectivité de sa région, Lanaudière. Les trois phases du projet culmineront à la création de trois spectacles-ateliers participatifs destinés aux familles (0 à 4 ans, 5 à 7 ans et 8 à 12 ans). Ce nouveau projet s’adresse non seulement aux enfants, mais aussi aux adultes qui les accompagnent dans leur développement.
Fidèle à sa démarche artistique, la chanteuse s’inspire de sa communauté et enrichit son répertoire par la recherche et le contact humain. « La documentation faite directement auprès des enfants, des familles et des futurs parents apporte un côté très innovant et très motivant à mon projet », mentionne madame Boucher. En plus de la création de trois spectacles-ateliers, une activité de médiation culturelle reposant sur la création d’un atelier de transmission en lien avec le répertoire recueilli s’adressera aux adultes qui assistent l’enfant dans son développement identitaire (futurs parents, parents, grands-parents, éducateurs, enseignants, etc.).
Collaborateurs et partenaires
Afin de mener à bien son projet, Mélanie Boucher s’entoure de collaborateurs de qualité, bien connus de la région. Il s’agit de monsieur Philippe Jetté, artiste et médiateur du patrimoine vivant, et de madame Danielle Martineau, artiste, médiatrice du patrimoine vivant et spécialiste des chansons et danses traditionnelles de l’Amérique française. Les deux collaborateurs accompagneront madame Boucher dans ses recherches et ses créations. C’est aussi grâce à de nombreux partenariats que le projet « Créations artistiques et transmission identitaire grâce aux chansons de l’enfance » se déroulera d’octobre 2020 à octobre 2021 : la Garderie Les Amis de Mandoline (Sainte-Marie-Salomé), un service de garde de la Nouvelle-Acadie et la Ville de Joliette. Le projet est rendu possible grâce au soutien financier du Conseil des arts du Canada avec l’octroi d’une bourse de 17 000$.
Rappelons que Mélanie Boucher est une chanteuse lanaudoise et porteuse de tradition qui se consacre à la transmission des traditions orales québécoises et acadiennes. Elle est aussi la présidente de Tradons, une organisation visant le développement de la tradition orale, et membre fondatrice du groupe de chansons traditionnelles « Les Pas couchables ».
https://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2020/10/Melanie-Boucher_.jpg19371291Traditions vivanteshttps://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2017/01/LOGO-SITE-300x138.pngTraditions vivantes2020-10-21 16:42:142020-10-21 16:44:05Mélanie Boucher dévoile un projet novateur « Créations artistiques et transmission identitaire grâce aux chansons de l’enfance »
Le «gossage de cup » consiste à sculpter, à l’aide d’une gouge, une tasse faite d’une loupe d’arbre.
FABRICATION ET PRODUIT
Le défi de cette pratique est la cueillette de nœuds (loupes) de bouleau blanc[1], aussi appelés tétons. On retrouve cette formation (dure), propice à la fabrication de « cup », au pied de l’arbre, sur les racines, ou sur le tronc. La loupe est reconnaissable par ses racinettes. Ensuite, la « cup » extraite de l’arbre est humidifiée avant d’être sculptée. Plusieurs « gosseux » expriment leur créativité en faisant prendre à la « cup » la forme d’un animal ou d’un objet. Aussi, ils peuvent y graver un animal ou des écritures. La finition comporte le séchage, le sablage et le vernissage ou l’huilage. Une cocotte ou une pièce de bois percée et fixée à la « cup » avec une lanière de cuir sert à accrocher la tasse à son ceinturon. Celle-ci a pour fonction de puiser l’eau directement dans une source ou un cours d’eau. Avec le temps, elle est aussi devenue un objet décoratif convoité par les collectionneurs. Plusieurs appellations font écho à la « cup » : louche, tasse de rivière, tasse de canot, tasse de voyageur, « canoe cup » ou pikwakot orakan (en Atikamekw)[2].
Pitons et racinettes sur une loupe de bouleau.
CONTEXTE ET TRANSMISSION
Le « gossage de cup » s’apprend par observation. M. Jean-Louis Roy, de Mandeville, guidait les Américains à la pêche dans la Mastigouche. Il se souvient : « La mode dans les camps de pêche, c’était de jouer aux dames. Les gars étaient assis bien tranquillement à regarder la partie avec une gouge et une cup à la main. Ils gossaient d’un bord pis de l’autre. » Le «gossage de cup » consiste à sculpter, à l’aide d’une gouge, une coupe (tasse) faite d’une loupe d’arbre. Par contre, d’autres essences d’arbres comme l’érable et le merisier sont aussi utilisées. L’épaisseur de la « cup » est testée avec les doigts. Son secret : toujours tenir la « cup » humide tant qu’elle n’est pas terminée. D’autres « gosseux » ont le secret inverse : bien faire sécher la « cup » avant de la sculpter.
Jean-Claude et Jacques Martial découvrent le gossage de cups avec Jean-Louis Roy lors d’un tournage.
MAIS D’OÙ VIENT CETTE TECHNIQUE?
L’origine du « gossage de cup » est encore inconnue. Le Musée McCord collectionne quelques coupes en loupe d’arbre. La plus ancienne, datée par le musée, remonterait à 1807. Elle proviendrait des Abénaquis. D’ailleurs, deux écoles de pensée en attribuent l’origine aux Premières Nations. Il semblerait qu’ils se gossaient une tasse pendant leurs expéditions de canot pour passer le temps le soir venu. Une autre version rapporte que les Amérindiens s’arrêtaient lors de leur portage afin de prendre le thé à même une tasse qu’ils avaient fabriquée. Au 20e siècle, les cups étaient notamment sculptées par des garde-feux, des chasseurs et des guides de pêche. Souvent, ceux-ci s’en servaient pour leur usage personnel ou encore pour les offrir aux Américains venus pêcher dans les rivières et les lacs du Québec. Plus loin de nous, en Laponie, une tasse en bois, nommée kuksa, est aussi évidée dans une loupe de bouleau.
« Cups » de Jean-Louis Roy
[1] L’essence de bois à privilégier pour « gosser une cup » est le bouleau blanc. Par contre, d’autres essences d’arbres comme l’érable et le merisier sont aussi utilisées.
[2] Communication personnelle de Jean-Paul Échaquan (gardien de la langue atikamekw à Manawan), le 23 janvier 2018. M. Échaquan mentionne que presque tout le monde de sa communauté confectionnait ce genre de gobelet.
Par Philippe Jetté, médiateur du patrimoine vivant et chargé du projet « Pour la suite du geste… rassemblons-nous ! » de la MRC de D’Autray, le 5 septembre 2017 et bonifié le 13 décembre 2022.
RÉFÉRENCES
Entrevue réalisée par Philippe Jetté auprès de M. Jean-Louis Roy, « gosseux de cup » de Mandeville, le 2 juin 2017, dans le cadre du projet « Pour la suite du geste… rassemblons-nous ! » de la MRC de D’Autray.
Communication personnelle de M. Adrien Levasseur, collectionneur et auteur en art populaire.
Musée McCord, Coupe en loupe d’arbre [en ligne] http://collections.musee-mccord.qc.ca/fr/collection/artefacts/ME986.104.3.12Lang=2&accessnumber=ME986.104.3.1-2 (consulté en juillet 2017).
Entrevue téléphonique réalisée par Philippe Jetté auprès de M. Paul Corriveau, le 11 août 2017, dans le cadre du projet « Pour la suite du geste… rassemblons-nous ! » de la MRC de D’Autray.
Entrevue téléphonique réalisée par Philippe Jetté auprès de M. Denis Beaudry, le 14 août 2017, dans le cadre du projet « Pour la suite du geste… rassemblons-nous ! » de la MRC de D’Autray.
Un personnage marquant du bas de Saint-Jacques vient de nous quitter. Philippe à Camille (Plouffe) ou Le p’tit Camille demeurait sur la dernière terre du Ruisseau Saint-Georges, au ras le Ruisseau Vacher/Bas-du-village (Bas-de-l’Église). Il a demeuré dans la maison familiale (terre paternelle, côté des Gaudet) jusqu’à sa mort. Il y a vécu avec sa soeur Valéda (1927-2012). Ensemble, ils ont cultivé la terre familiale et fait les sucres.
Je me rappelle. Quand j’étais petit, mon père m’amenait faire la tournée chez Philippe et Valéda. Philippe attelait son joual et on montait au bois. Valéda faisait bouillir et les hommes ramassaient l’eau d’érable.
Philippe et Valéda font partie de ma vie depuis toujours. J’ai eu le privilège de les interviewer à deux reprises, sur les croix de chemin et sur les surnoms en Nouvelle-Acadie. Leur père venait du Ruisseau Saint-Georges (au coin sus Damien Lévesque [Chemin Plouffe/Lévesque]) tandis que leur mère (Bourgeois) venait de Sainte-Marie-Salomé. Je vous dis qu’ils en connaissaient des surnoms : Siffleux, Le singe à Racette, Jules à Godfroy, Parce que, Nous savons, La poussière, La puce à Perreault, Le Chinois à Landry, Ti-Maille (le frère du Chinois), Henri à Mérée, Les Mattapoches, Les p’tits oiseaux, Charles à Carrosse, Charles à Moïse, Jos Ménan, Bombay, Marcel à Jules, La famille Carlinton, Les pisseuses, etc.
Valéda et Philippe me contaient qu’ils allaient cueillir des petits fruits le dimanche après-midi dans le Maska quand ils étaient jeunes. Le Maska est un bois en arrière du Ruisseau Saint-Georges Sud et au ras le Chemin Lépine. Octave Brien raconte dans ses mémoires que Maska est une abréviation du mot mascotte : « Cette expression purement acadienne : aller à la mascotte signifiait : aimer aller à la cueillette des petits fruits ». Le mot Maska serait de l’attikamek signifiant : ours. Selon M. Brien, les Amérindiens ont quitté le territoire vers 1824. Il y a aussi que les ours se nourrissent de petits fruits.
J’ai eu la chance de présenter mon petit Hector à Philippe cet été avant qu’il lève les pattes. À ce moment, on a parlé de Jack Dugas (Nous savons) du Ruisseau Saint-Georges (maison abandonnée). Jack Dugas, voisin de mon arrière-grand-père, commerçait le tabac et les concombres au Marché Bonsecours. Ils étaient commerçants de père en fils. Son père, Joseph (grand-père de Marcel Dugas), commerçait la ceinture fléchée au Ruisseau Saint-Georges dans la deuxième moitié du 19e siècle. Ce jour-là, Philippe m’apprit un nouveau surnom pour Jack Dugas : Montsénior. Il entreposait sa voiture chez Camille Plouffe.
Cet homme engagé dans sa communauté a certainement marqué mon parcours. Je lui dis maintenant merci Philippe.
P.S. N’hésitez pas à me partager un souvenir de Philippe ou Valéda.
Valéda Plouffe et Philippe Plouffe, 82 et 79 ans, 15 octobre 2009, à leur domicile du Bas-de-l’Église-sud, Saint-Jacques. Photo Philippe Jetté, le 15 octobre 2009.
https://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2020/10/P0174_SurnomsNouvelle-Acadie_PlouffePhilippeValeda_2009-10-15-1.jpg15002000Traditions vivanteshttps://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2017/01/LOGO-SITE-300x138.pngTraditions vivantes2020-10-14 10:30:482020-11-23 16:25:26En souvenir de Philippe Plouffe (1930-2020)
Mon travail de médiateur du patrimoine vivant dans ma communauté est celui de catalyseur entre les porteurs de tradition, les citoyens et les acteurs du milieu.
Le développement du patrimoine vivant m’interpelle au plus haut point pour son potentiel novateur, mobilisateur, rassembleur et de mieux-être pour nos collectivités. Mon rôle est de souffler sur la braise afin de faire jaillir un bûcher où la communauté se rassemble pour célébrer, pratiquer et transmettre ses traditions.
Je vois, pour l’avenir, une communauté fière de ses racines et de ses traditions, avec un fort sentiment d’appartenance. Les gens se rassembleront en famille et en communauté pour chanter, danser et « popoter » leurs traditions, pour les générations actuelles et futures. Bref, une communauté heureuse et en santé grâce au plaisir de la tradition.
Dans le domaine du patrimoine vivant, le climat de confiance et les relations humaines sont au cœur de l’intervention. Ces relations durables nous accompagnent tout au long de notre vie et de notre carrière. Ces bases sont les racines de l’arbre qui fleurira à force d’être nourri.
Nos interventions s’inscrivent dans une démarche de développement durable. Le but est de permettre la continuité d’une ou de plusieurs traditions en assurant la transmission à une relève. Le succès de la démarche dépend de ce que l’on inspire aux gens qui apprennent, transmettent et pratiquent la tradition de même qu’aux partenaires.
Mes rencontres avec des dizaines d’héritières et d’héritiers de la tradition sont une source d’inspiration pour moi dans mon quotidien. Les gens me donnent accès à leur trésor, à leur vie intime. Souvent, sans être conscients de la richesse qu’ils portent en eux. Ils me racontent des choses qu’ils n’avaient jamais discutées auparavant et font des prises de conscience face à leur propre tradition et à l’importance de la sauvegarder. Ce geste du partage les valorise et leur permet de laisser un héritage à leur famille et à leur communauté.
Les échanges encourus alimentent mes projets et mes recherches, sans parler de mon expertise. Ils me permettent de bien cerner le contexte de pratique des traditions et de récolter des idées d’actions afin de bien intervenir pour la continuité des traditions vivantes. Ces rencontres fascinantes me donnent le goût de poursuivre et de redonner à la collectivité mes découvertes extraordinaires, dans la simplicité de la tradition.
https://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2020/10/Philippe_Rassembleur-1.jpg13562030Traditions vivanteshttps://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2017/01/LOGO-SITE-300x138.pngTraditions vivantes2020-10-09 15:48:172020-10-11 08:54:32Mon travail de médiateur du patrimoine vivant
Le Festival Mémoire et Racines diffusera gratuitement sur sa page Facebook une série de spectacles et d’ateliers en lien avec les traditions orales du 22 au 26 juillet 2020. Philippe Jetté et Mélanie Boucher présenteront l’atelier jeunesse On s’amuse à répondre ? à la première édition de Les Veillées FMR le dimanche 26 juillet prochain à 15 h 30. Découvrez la programmation complète au memoireracines.org.
Philippe Jetté et Mélanie Boucher invitent les 8 à 12 ans et leurs familles à entrer dans l’univers du chant à répondre. Participez et apprenez des chansons pour vous amuser et les partager aux autres. La réponse facilite la mémorisation et le jeu du chant. Répondez à Philippe et Mélanie à distance, dans le confort de votre foyer !
Philippe Jetté participe au projet « Culture maison » de la Ville de L’Assomption pendant la pandémie COVID-19 qui s’abat sur le monde. « Culture maison » est une programmation culturelle à consommer sans modération, en direct de votre salon. Philippe Jetté et Mélanie Boucher y transmettent des traditions orales par le biais de quatre capsules vidéos.
https://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2020/06/CultureMaison.png312820Traditions vivanteshttps://traditionsvivantes.com/wp-content/uploads/2017/01/LOGO-SITE-300x138.pngTraditions vivantes2020-06-17 10:52:172020-06-18 17:20:33Capsules vidéos sur les traditions orales à « Culture maison »
Jean Duval a soutenu, en 2013, une thèse de doctorat sur les pièces asymétriques en musique traditionnelle québécoise. Depuis 2017, il a édité six collections de pièces instrumentales traditionnelles portant sur cinq anciens violoneux et la réédition de Le Répertoire du Violoneux de J.A. Boucher (1933). Ces collections comportent la transcription de 695 pièces traditionnelles. Elle inclut une biographie du musicien, des commentaires sur les pièces, une analyse du contenu de la collection et du style de jeu.
Jean Duval rend accessible gratuitement ses publications sur Le violon de Jos, une encyclopédie collective, multimédia et vivante de musique traditionnelle québécoise. Celle-ci vise à en promouvoir la culture, la pratique et l’apprentissage. Je vous invite à consulter ces trésors. J’en profite pour remercier Jean Duval pour ce legs aux chercheurs et aux musiciens actuels et futurs.
Jean Duval est un des pionniers de la flûte dans le style traditionnel au Québec. Compositeur, multi instrumentiste, ethnomusicologue, il s’implique depuis le début des années 1980 dans le milieu de la musique et de la danse traditionnelles québécoises, irlandaises et écossaises dans le nord-est de l’Amérique du Nord. Il a été membre du groupe Phenigma de 1990 à 1995, groupe avec lequel il a enregistré un album. En 2000, il a publié chez Mel Bay avec Steve Jones un recueil consacré au répertoire du musicien et conteur irlandais Packie Manus Byrne. En 2004, il a réalisé un CD des plus originaux intitulé 12 Suites trad pour flageolet à une main. Enfin, il a enregistré en 2010 l’album Pièces sur pièces en duo avec David Boulanger, violoniste de La Bottine Souriante. Parallèlement à sa profession d’agronome, il a complété en 2008 une maîtrise portant sur les compositeurs de musique traditionnelle ainsi qu’un doctorat en 2013 portant sur les « tounes croches » (ou asymétrique) dans la musique traditionnelle québécoise. Il travaille présentement sur des projets d’édition musicale, toujours en musique traditionnelle.