La Chandeleur, célébrée chaque année le 2 février, est aujourd’hui bien connue comme la fête des crêpes. Mais derrière cette tradition gourmande se cache un riche patrimoine culturel, façonné par des siècles d’observation de la nature, de pratiques communautaires et de croyances populaires, tant en Europe que dans les communautés francophones d’Amérique du Nord.

Parmi les nombreux proverbes associés à cette date, l’un des plus connus demeure :
« À la Chandeleur, la neige est à sa hauteur. »
Que signifie-t-il vraiment ? Et d’où vient l’idée de cuisiner — et parfois de faire sauter — des crêpes à cette période de l’année ? Plongeons dans l’histoire et le sens de cette fête du milieu de l’hiver.

La Chandeleur : une fête située au cœur de l’hiver

Dans le calendrier ancien, la Chandeleur marque symboliquement le point médian de l’hiver : environ six semaines après le solstice et six semaines avant l’équinoxe du printemps. À cette période, les communautés rurales observaient attentivement les signes de la nature pour essayer de prédire la fin ou la prolongation de la saison froide.

C’est dans ce contexte que s’inscrivent plusieurs dictons hivernaux, dont :

« À la Chandeleur, l’hiver se meurt ou prend vigueur. »

« À la Chandeleur, la neige est à sa hauteur. »

Ces proverbes signifient que l’enneigement observé au début février donne une indication sur ce qu’il reste de l’hiver. Si la neige est abondante à la Chandeleur, l’hiver a encore de la vigueur ; si la neige se fait rare, le printemps pourrait arriver plus tôt.

Comme beaucoup de dictons météorologiques, il s’agit d’une sagesse empirique transmise oralement, non d’une règle scientifique — mais ces observations ont longtemps joué un rôle dans la gestion agricole et la vie quotidienne.

Pourquoi fait-on des crêpes à la Chandeleur ?

S’il y a une tradition indissociable de la Chandeleur en francophonie, c’est bien celle de faire des crêpes. Toutefois, cette habitude n’a pas été vécue de la même façon partout, et au Québec, elle a pris une couleur bien particulière.

La crêpe : un symbole solaire

La forme ronde et dorée de la crêpe rappelle le soleil. Au cœur de l’hiver, cuisiner ces galettes dorées représentait une manière symbolique d’inviter la lumière, la prospérité et l’abondance dans la maison.

Une tradition française qui s’est adaptée au Québec

En France, la Chandeleur s’accompagnait parfois du rituel de faire sauter la crêpe, un geste porte-bonheur bien documenté.
Au Québec, ce rituel n’a pas été transmis de façon généralisée. Toutefois, l’idée de préparer des crêpes à cette date a traversé l’Atlantique, puis s’est harmonisée aux pratiques culinaires locales.

Crêpes minces et crêpes frites : un savoir-faire d’ici

Dans de nombreuses familles québécoises, la “crêpe” traditionnelle est :

  • mince,

  • souvent cuite dans une bonne quantité de gras ou dans l’huile,

  • croustillante sur les bords,

  • servie avec du sirop d’érable, de la  mélasse, de la cassonade ou des confitures.

Ce geste — simple, rapide, nourrissant — correspond parfaitement au quotidien hivernal des familles québécoises.

Les galettes de sarrasin : un pilier de la cuisine du Québec rural

Il ne faut pas oublier la galette de sarrasin, autre pilier de nos traditions :

  • historiquement sans œufs,

  • cuite à la poêle en fonte,

  • souvent servie avec du lard salé, du beurre ou de la mélasse,

  • profondément ancrée dans les campagnes d’ici.

Bien que ces galettes ne soient pas liées exclusivement à la Chandeleur, elles faisaient partie des mets hivernaux simples et nourrissants, et pouvaient naturellement être servies le 2 février. Leur histoire québécoise rejoint celle du sarrasin comme plante de survie — abondamment cultivée lorsque le blé venait à manquer.

Crêpes et patrimoine vivant

La tradition perdure parce qu’elle rassemble :
• elle fait appel à un geste simple et accessible ;
• elle évoque des souvenirs d’enfance ;
• elle relie les générations autour d’un plaisir partagé.

C’est un magnifique exemple de patrimoine immatériel, transmis non pas par des livres, mais par les familles, les rencontres et la vie quotidienne — au Québec comme ailleurs dans la francophonie.

Comment célébrer la Chandeleur aujourd’hui ?

1. Préparer des crêpes maison

Sucrées, salées, minces, épaisses, traditionnelles ou revisitées : toutes les variations sont possibles, et toutes reflètent les influences multiples de notre culture culinaire.

2. Partager un moment en famille ou entre amis

La Chandeleur demeure un prétexte idéal pour se réunir « autour du rond », comme on le disait jadis — que ce soit autour du poêle, du poêlon ou de la table.

3. Se souvenir de nos traditions

Raconter un dicton, évoquer un souvenir, transmettre une recette : tout cela contribue au maintien de nos traditions culturelles.

Conclusion : une fête de lumière, de chaleur et de mémoire

La Chandeleur ne se résume pas à une assiette de crêpes. C’est une fête du renouveau, un rappel de la force des traditions populaires et une occasion parfaite de retisser les liens qui nous unissent.

Que la neige soit haute ou non cette année, la chaleur du poêle et la lumière des crêpes continueront d’illuminer nos maisons québécoises.

Références

  • Roy, Christian. Traditional Festivals: A Multicultural Encyclopedia. ABC-CLIO.
  • Albala, Ken. Pancake: A Global History. Reaktion Books Ltd.
  • Candlemas / Chandeleur, Encyclopédie Wikipédia (consulté récemment).
  • Chiasson, Zénon. L’Acadie des Maritimes. Centre d’études acadiennes, Université de Moncton.
  • Alimentarium. Candlemas, a Festival of Lights (Musée de l’alimentation).

Depuis les origines de l’humanité, le passage du temps a été marqué par des rituels collectifs. Bien avant l’invention des calendriers, les sociétés humaines ont observé les cycles naturels, cherchant à donner sens à la lumière et à l’obscurité, à la vie et à la survie.

L’homme des cavernes et le solstice d’hiver

Chez l’homme préhistorique, il n’existait ni jour de l’An fixe ni année numérotée. Toutefois, le solstice d’hiver, la nuit la plus longue, constituait un moment critique : à partir de ce point, les jours recommencent lentement à croître.

Les communautés se rassemblaient autour du feu, symbole de lumière, chaleur et protection, et pratiquaient :

  • Repas exceptionnels, issus de grandes chasses ou de réserves stockées, représentant l’abondance et la sécurité du groupe.
  • Chants et récits oraux, pour transmettre mythes et savoirs tout en renforçant l’identité collective.
  • Des danses et gestes rituels, visant à assurer la survie, protéger le groupe et favoriser le retour de l’abondance.
  • Échanges de vœux pour l’avenir, un rituel précurseur des souhaits du Nouvel An : chaque membre formulait des paroles pour la prospérité, la santé et la protection de tous, renforçant la cohésion sociale et symbolisant l’espoir du renouveau solaire.

Ainsi, les pratiques de nourriture abondante, de musique, de vœux et de mouvement collectif constituent un héritage millénaires.

De la préhistoire aux civilisations anciennes : ritualiser le passage du temps

Au Néolithique, l’observation des cycles saisonniers devient plus précise. Les monuments alignés sur le soleil témoignent d’une volonté de matérialiser le temps et de célébrer le renouveau.

Dans les grandes civilisations antiques, le passage d’une année à l’autre est associé à des fêtes de régénération, abondance et renouveau :

  • Saturnales romaines : banquets, chants, danses et vœux pour l’avenir.
  • Nouvel An égyptien : célébrations liées à la crue du Nil, repas festifs, offrandes et prières.
  • Nouvel An chinois : purification, musique, danses de dragons et souhaits de prospérité.

Le fil commun : nourriture abondante, souhaits pour l’avenir, chants et danse.

Les traditions du jour de l’An au Québec : héritage et transmission

En Nouvelle-France et au Québec, ces motifs se prolongent et se transforment :

  • Abondance de nourriture : tourtière, ragoût, desserts et mets partagés, symboles de prospérité et de partage.
  • Les souhaits du Nouvel An : héritage des vœux anciens, transmis oralement et parfois accompagnés de la bénédiction paternelle ou maternelle. Ces paroles expriment toujours l’espoir de santé, bonheur et prospérité, rappelant les rituels ancestraux et renforçant le lien familial et communautaire.
  • Chant et musique : chansons à répondre et airs traditionnels pour animer la fête et renforcer la mémoire collective.
  • Danse traditionnelle : sets carrés, quadrilles, contredanses et cotillons, prolongeant le mouvement collectif et le lien intergénérationnel.

Même dans le contexte urbain moderne, ces rassemblements conservent leurs éléments fondateurs, illustrant la continuité culturelle de pratiques humaines millénaires.

Le jour de l’An : un patrimoine culturel immatériel vivant

Le jour de l’An est un exemple vivant de patrimoine culturel immatériel, où mémoire, transmission et projection vers l’avenir se conjuguent. Chaque repas partagé, chaque chanson, danse et vœu formulé est un écho des rites préhistoriques et antiques, rappelant que le besoin de communauté, lumière et abondance est universel et intemporel.

 

Ligne du temps : l’évolution des rites du jour de l’An

Période Pratiques et traditions
Préhistoire (≈ 30 000 – 4 000 av. J.-C.) Rassemblements autour du feu lors du solstice d’hiver ; repas abondants ; chants et récits oraux ; danses rituelles ; vœux pour la santé et la prospérité.
Néolithique (≈ 4 000 – 2 000 av. J.-C.) Construction de monuments alignés sur le soleil (Stonehenge, Newgrange) pour célébrer le renouveau ; formalisation des rites saisonniers.
Civilisations antiques (≈ 3 000 av. J.-C. – 500 apr. J.-C.) Saturnales romaines : banquets, chants, danses et vœux ; Nouvel An égyptien : offrandes et repas festifs liés à la crue du Nil ; Nouvel An chinois : purification, danses de dragons et souhaits de prospérité.
Moyen Âge et Renaissance (≈ 500 – 1600 apr. J.-C.) Continuation des fêtes de renouveau en Europe, souvent intégrées aux calendriers religieux ; échanges de vœux, musique et danses populaires.
Nouvelle-France et Québec (≈ 1608 – 1800) Adaptation des traditions : tourtières et repas partagés, chansons et danses traditionnelles et vœux transmis oralement ou par bénédiction familiale.
Québec moderne (1900 – aujourd’hui) Maintien des pratiques ancestrales dans un contexte urbain et contemporain : repas, chants, danses et vœux pour célébrer le Nouvel An ; patrimoine culturel immatériel vivant.

Sources et références

Anthropologie et préhistoire

  • Mircea Eliade, Le mythe de l’éternel retour — Sur la notion de cycles, de rites de renouveau et de temps sacré.
  • André Leroi-Gourhan, Le geste et la parole — Références fondamentales sur les sociétés préhistoriques, le symbolisme et les pratiques rituelles.
  • Marcel Mauss, Essai sur le don — Pour comprendre les logiques anciennes de partage, d’abondance et de cohésion sociale.

Solstice d’hiver et rites anciens

  • James George Frazer, Le Rameau d’or — Étude comparative des fêtes saisonnières, du solstice et des rites de régénération.
  • Ronald Hutton, The Stations of the Sun — Analyse historique des fêtes saisonnières européennes, incluant le solstice d’hiver.
  • Clive Ruggles, Ancient Astronomy — Sur les alignements solaires et la signification des monuments mégalithiques (Stonehenge, Newgrange).

Civilisations anciennes et fêtes du Nouvel An

  • Jean Bottéro, La plus vieille religion — Pour les fêtes mésopotamiennes et l’Akitu.
  • Georges Dumézil, Mythes et dieux des Indo-Européens — Pour les fêtes de renouveau et leur symbolique.
  • Anne Cheng, Histoire de la pensée chinoise — Contexte culturel du Nouvel An chinois et de ses rituels.

Traditions populaires et patrimoine québécois

  • Conrad Laforte, Catalogue de la chanson folklorique française — Pour les chants traditionnels et les chansons à répondre.
  • Patrice Coirault, Formation de nos chansons folkloriques — Sur l’ancienneté et la transmission orale des chants.
  • Luc Lacourcière, Essais sur la tradition orale — Référence majeure sur les pratiques festives et narratives en Nouvelle-France et au Québec.
  • Musée canadien de l’histoire et Archives nationales du Québec (BAnQ) — Documents sur le jour de l’An, la bénédiction paternelle et les traditions hivernales.

Patrimoine culturel immatériel

  • UNESCO, Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003).
  • Laurier Turgeon, Patrimoines métissés — Sur la transmission, l’adaptation et la continuité des pratiques culturelles.

 

La fête de la Sainte-Catherine, célébrée chaque année le 25 novembre, occupe une place unique dans le patrimoine immatériel québécois. Longtemps associée aux « vieilles filles » et au rituel humoristique des Catherinettes, cette fête mêle traditions religieuses, coutumes sociales et plaisirs sucrés. Aujourd’hui, elle survivre sous une forme renouvelée, portée par la mémoire, l’histoire et la dégustation de la fameuse tire Sainte-Catherine.

Une fête héritée de la tradition catholique

À l’origine, la Sainte-Catherine honore sainte Catherine d’Alexandrie, patronne des jeunes filles à marier. Dans plusieurs pays francophones, cette date était un moment clé pour les femmes célibataires ayant atteint 25 ans. Au Québec, comme en France, on les appelait les Catherinettes.

Jusqu’au milieu du XXᵉ siècle, cette journée donnait lieu à des gestes taquins :

  • chapeaux décorés aux couleurs vives,
  • cartes moqueuses,
  • souhaits de mariage lancés à la blague.

Ces pratiques, parfois teintées d’humour pesant quand on les regarde aujourd’hui, reflétaient les normes sociales liées au mariage, fortement ancrées dans la culture d’autrefois.

La tire Sainte-Catherine : une tradition culinaire incontournable

L’autre grande tradition associée au 25 novembre est sans contredit la tire Sainte-Catherine, friandise de mélasse introduite au XVIIᵉ siècle par Marguerite Bourgeoys, pionnière de l’éducation en Nouvelle-France. Pour attirer les enfants à l’école, elle leur préparait cette confiserie qu’on étire à la main.

Depuis, la fabrication de la tire est devenue un rite de passage dans bien des foyers :

  • on se rassemble,
  • on chauffe la mélasse,
  • on étire la pâte en rubans sucrés,
  • et on transmet le savoir-faire d’une génération à l’autre.

Encore aujourd’hui, cette tradition demeure vivante dans les écoles, musées, familles et ateliers communautaires.

Une fête qui évolue avec la société

Si la notion de “vieilles filles” n’est plus représentative de notre époque, la Sainte-Catherine continue d’exister sous une forme transformée. Elle rappelle que les traditions sont vivantes, évolutives et porteuses de sens, même lorsqu’elles se détachent de leurs fonctions sociales d’origine.

La Sainte-Catherine d’aujourd’hui célèbre davantage :

  • la mémoire culturelle,
  • la transmission,
  • le plaisir partagé,
  • et la richesse du patrimoine vivant québécois.

Pourquoi la Sainte-Catherine fascine encore ?

Parce qu’elle combine :

  • une histoire riche remontant à la Nouvelle-France,
  • des coutumes sociales parfois surprenantes,
  • et une tradition sucrée qui rassemble.

Elle incarne un exemple parfait de résilience culturelle : une fête qui se réinvente tout en préservant son essence.

Sources

Ouvrages et articles en ethnologie/histoire
– Barbeau, Marius. Le folklore canadien. Montréal : Fides, 1982.
– Auclair, Josette. « La fête de la Sainte-Catherine et la tire : tradition sucrée du mois de novembre. » Rabaska, vol. 3, 2005.
– Lacourcière, Luc. Traditions populaires du Canada français. Archives de folklore, Université Laval.
– Asselin, Olivier. « Les pratiques festives saisonnières au Québec. » Revue d’histoire de l’Amérique française, 1998.
– Desloges, Yvon. Goûter à l’histoire : coutumes alimentaires au Québec. Québec : Septentrion, 2010.

Sources historiques sur Marguerite Bourgeoys
– Archives historiques de la Congrégation de Notre-Dame, Montréal.
– Gouvernement du Canada. Ressources pédagogiques sur Marguerite Bourgeoys.

Sources de vulgarisation et patrimoine vivant
– Musée de la civilisation. La tire Sainte-Catherine : traditions sucrées.
– Société québécoise d’ethnologie.
– Radio-Canada, archives sur les traditions de novembre.

 

Radio-Canada a réalisé un magnifique reportage avec Philippe Jetté et les élèves de Sept-Îles sur la transmission de la danse et la musique traditionnelles à l’école primaire. Le journaliste a interviewé les enfants sur l’heure du midi. Ce qui ajoute un charme au reportage.

Écoutez et lisez le reportage sur Radio-Canada Ohdio : Transmettre la danse et la musique traditionnelles à l’école primaire.

Philippe Jetté a réalisé 50 ateliers dans les huit écoles primaires de Sept-Îles en janvier et mai 2025. Son rôle d’artiste à l’école lui a permis de sensibiliser plus de 1 500 élèves à l’importance de cultiver nos traditions culturelles et de partager des danses, des chansons à répondre, des comptines et notre musique traditionnelle pour leur continuité. Une belle collaboration avec le Centre de services scolaire du Fer !

Le poisson d’avril est une tradition qui consiste à faire des blagues ou des farces le 1er avril. Les gens accrochent souvent un poisson en papier dans le dos de leurs amis ou font des annonces absurdes. C’est une journée de légèreté et de rires, parfaite pour surprendre ceux qui vous entourent ! Tu as des idées de blagues ou des souvenirs de poissons d’avril en tête ? Partage-les moi en commentaires.

Un peu d’histoire

L’origine du poisson d’avril est un peu floue, mais plusieurs théories existent. Voici quelques-unes des plus courantes :

  1. Changement de calendrier : Au XVIe siècle, le passage du calendrier julien au calendrier grégorien a décalé le Nouvel An du 1er avril au 1er janvier. Ceux qui continuaient à célébrer le Nouvel An en avril étaient moqués et appelés « poissons d’avril ».
  2. Fêtes printanières : Certains pensent que cette tradition pourrait être liée aux célébrations du printemps et aux farces faites lors de festivals anciens.
  3. Symbolisme du poisson : Le poisson est souvent associé à la fertilité et au renouveau, ce qui pourrait expliquer son utilisation dans une journée dédiée aux blagues.

L’évolution du poisson d’avril a été influencée par divers facteurs culturels et sociaux au fil des siècles. Voici quelques étapes clés :

  1. Origines médiévales : Des blagues similaires existaient déjà au Moyen Âge, avec des festivals printaniers où les gens se moquaient les uns des autres.
  2. 16e siècle : Avec le passage au calendrier grégorien en 1582, ceux qui continuaient à célébrer le Nouvel An en avril sont devenus la cible de moqueries, posant les bases de la tradition du poisson d’avril en France.
  3. 19e siècle : La tradition s’est répandue en Europe et a gagné en popularité, avec des blagues de plus en plus créatives. Les journaux ont commencé à publier des canulars le 1er avril.
  4. 20e siècle : Les blagues se diversifient, allant des farces simples aux canulars médiatiques. La télévision et la radio contribuent à la diffusion de cette journée, avec des émissions spéciales.
  5. 21e siècle : Internet a transformé le poisson d’avril, avec des entreprises et des réseaux sociaux lançant des blagues virales. La créativité est à son comble, et les farces se propagent instantanément.

Aujourd’hui, le poisson d’avril est un événement mondial, où chacun peut faire preuve d’imagination pour surprendre ses amis et sa famille.

Recette : Sucre à la crème à grand-maman Hélène [Gaudet]

Voici un dessert traditionnel partagé par ma mère Ginette Brisson qui elle tient la façon de cuisiner le sucre à la crème de sa mère Hélène Gaudet, une acadienne de Saint-Jacques dans Lanaudière.

Ingrédients 

  • Crème 35 %.
  • Cassonade.
  • Beurre.

Accessoires 

  • Chaudron.
  • Cuillère en bois.
  • Plat de Pyrex ou équivalent.
  • Papier parchemin.
  • Verre d’eau.
  • Thermomètre à bonbon (facultatif).

Directives

  1. Verser 1 tasse de crème 35 %.
  2. Verser 2 tasses de cassonade.
  3. Bouillir à feu moyen jusqu’à environ 240 degrés en testant une goutte dans l’eau froide.
  4. Brasser jusqu’à ce qu’il pogne en sucre. 
  5. Beurrer un plat en Pyrex, couler et étendre le sucre à la crème.
  6. Taper le dessert avec un papier parchemin pour le mettre égal.
  7. Laisser refroidir.
  8. Tailler les morceaux de sucre à la crème en carreau.
  9. Déguster !

Cuisinons la bagatelle à Thérèse ! [1]

INGRÉDIENTS

  • Restant de gâteau, de biscuits cassés ou de biscuits Village;
  • 2 tasses de lait;
  • 2 grosses cuillères à table (soupe) de fécule de maïs;
  • 2 jaunes d’œufs;
  • 1/3 de tasse de sucre;
  • Extrait de vanille artificiel.

MODE DE PRÉPARATION

  • Disposer un rang de morceaux de gâteau ou casser des biscuits Village dans un plat;
  • Séparer les jaunes d’œuf des blancs d’œufs;
  • Battre les jaunes d’œufs avec le sucre;
  • Chauffer le lait à feu moyen et ajouter la fécule de maïs délayée dans 2 cuillères à table d’eau froide;
  • Cuire à ébullition de 8 à 12 minutes tout en brassant;
  • Incorporer les jaunes d’œufs, battus avec le sucre;
  • Ajouter quelques gouttes de vanille;
  • Brasser pendant 5 minutes;
  • Verser le mélange sur les biscuits ou les gâteaux et laisser refroidir;
  • Décorer la bagatelle à vote goût (facultatif).

Régalez-vous !

[1] Thérèse Jetté (1920-2006) est née au Ruisseau Saint-Georges à Saint-Jacques le 6 août 1920. Elle a transmis sa recette de bagatelle, héritée de sa mère, à sa fille Pierrette Jetté qui l’a transmise à son tour à sa sœur Francine et à son neveu Philippe Jetté.

Thérèse Jetté

Le médiateur du patrimoine vivant Philippe Jetté fut l’invité de Monic Néron à l’émission LE GENRE HUMAIN diffusée dimanche dernier sur ICI Radio-Canada Première. En compagnie de la journaliste Ariane Labrèche, ils abordent la transmission de nos traditions culturelles et de l’héritage du chanteur et folkloriste Yves Albert (1942-1981).

Ariane Labrèche a découvert, par hasard, Yves Albert. Ce chanteur méconnu des années 1960-70 est décédé hâtivement dans un accident en 1981. Il a pourtant partagé la scène avec Gilles Vigneault, Edith Butler, Sylvain Lelièvre et Raymond Lévesque. Yves Albert a influencé les premiers musiciens de La Bottine Souriante, dont Yves Lambert, Bernard Simard et Gilles Cantin. Plus récemment, il a touché le jeune guitariste-chanteur François-Félix Roy qui a repris quelques-unes de ses chansons sur son album « Peines Perdues » paru en 2023.

Yves Albert a été à la rencontre d’héritiers naturels de la chanson traditionnelle pour préserver leurs chansons et les rechanter à son tour. Sa collection d’archives est d’ailleurs déposée au Archives de folklore et d’ethnologie de l’Université Laval.

Ariane Labrèche s’est lancée dans une quête parcourant les chemins de l’héritage d’Yves Albert. Un balado lui est désormais dédié.

Pour découvrir ce personnage marquant de l’histoire musical du Québec (texte et extraits) : https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/9460/yves-albert-musicien-folklore-trad-musique

Écoutez le balado d’Ariane Labrèche (Saison 3, épisodes 1-3) sur OHdio : https://ici.radio-canada.ca/ohdio/balados/10923/les-recits-de-linfo

Pour écouter l’émission Le genre humain avec Philippe Jetté, Monic Néron et Ariane Labrèche : https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/genre-humain/episodes/791043/rattrapage-dimanche-16-juin-2024

Philippe Jetté fut l’invité de de Boucar Diouf à l’émission Faiseux de rire  sur Ici Première de Radio-Canada le 23 décembre 2023. L’émission portait sur l’humour dans la chanson. Philippe a parlé de chanson traditionnelle et de nos traditions culturelles avec Boucar. Ils ont même chanté ensemble après l’enregistrement de l’émission.

Écoutez l’émission en rattrapage sur Ohdio ! Avec François Léveillé, David Beaucage, Véronique Claveau et Philippe Jetté.

La parole de la 27e édition des Journées de la culture sera portée, dans Lanaudière, par Philippe Jetté. L’artiste multidisciplinaire et intervenant en traditions vivantes, de Saint-Jacques, se dit très heureux d’être le porte-parole régional de cet événement déployé partout au Québec visant à célébrer une culture de proximité sous le thème de la collectivité les 29 et 30 septembre et le 1er octobre prochains.

Philippe Jetté est membre-fondateur des groupes de musique traditionnelle Garçons à marier, Belzébuth et du Duo Jetté-Simard. Câlleur, musicien, conférencier, consultant, formateur, transmetteur et chercheur, il voit son rôle d’artiste dans sa communauté comme celui de relayeur, d’intermédiaire entre les porteurs de traditions et les citoyens. Son but est de partager et de mettre en valeur notre richesse collective ainsi que les gens qui la portent et la transmettent.

Pour ce faire, il est, notamment, artiste à l’école et réalise des projets de développement culturel en patrimoine immatériel pour des organismes, villes ou MRC de Lanaudière, en plus d’offrir des formations sur la médiation du patrimoine vivant et des ateliers d’initiation à diverses traditions.

Lorsque l’on pose la question à Philippe Jetté ce que représente la collectivité pour lui, il répond : « La collectivité est au cœur même de notre identité; elle est notre ADN. C’est elle qui nous permet d’avoir des racines, de nous ancrer et de développer un sentiment d’appartenance et de fierté. » Pour sa part, il est enraciné dans sa collectivité natale, la Nouvelle-Acadie. « Je suis fier de mes racines acadiennes et je parle de la Nouvelle-Acadie partout où je passe. Je développe des projets culturels en lien avec mon territoire et ma région. Ma mission de vie est de développer et de sauvegarder les traditions de ma collectivité, de ma région. »

Philippe Jetté est fier du dynamisme culturel de Lanaudière. Il rapporte que Lanaudière a des acteurs culturels engagés et impliqués pour faire connaître la région, ses produits, ses attraits et sa culture. Lanaudière accorde une importance à nos racines culturelles. Seulement dans son secteur d’activité et dans sa région, il mentionne avoir recensé plus d’une trentaine d’organismes ainsi que plusieurs municipalités et MRC actifs pour la transmission et la diffusion des traditions culturelles.

Invitation aux municipalités et organismes

Les Journées de la culture permettent la démocratisation, la découverte et l’initiation des citoyens à la culture et aux arts sous toutes ses formes. Philippe Jetté invite l’ensemble des municipalités et organismes de Lanaudière à joindre le mouvement pour faire vivre une expérience culturelle des plus rassembleuses à leurs citoyens aux Journées de la culture. « En participant à l’événement, vous signifiez votre engagement en faveur des arts et de la culture et contribuez au rayonnement culturel de votre localité. Il s’agit d’une opportunité à saisir », affirme le porte-parole.

Inscrivez une activité, avant le 8 septembre, au www.journeesdelaculture.qc.ca/impliquez-vous/organisez-une-activite.

Découvrez le portrait complet de Philippe Jetté au www.journeesdelaculture.qc.ca/lanaudiere.

Suivez l’artiste et médiateur culturel au www.traditionsvivantes.com et sur sa page Facebook « Philippe Jetté / Médiateur du patrimoine vivant ».

À propos des Journées de la culture

Chaque année, le dernier vendredi de septembre et les deux jours suivants, les arts et la culture sont au cœur d’une grande fête populaire se déroulant d’un bout à l’autre du Québec : les Journées de la culture. Ateliers, démonstrations, parcours et prestations en tous genres composent la programmation de l’événement. De tous les âges et tous les styles, de tous les milieux et dans toutes les régions, tout le monde est invité à entrer dans les coulisses de la création en participant à l’une ou l’autre des centaines d’activités gratuites, toutes disciplines confondues. L’événement est propulsé par Culture pour tous.